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«Huit sur dix font l'objet d'une réponse pénale» : le porte-parole du ministère de la Justice dresse le bilan des gardes à vue après les émeutes

[© Europe 1]

Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, a dressé le bilan judiciaire des violences du 17 octobre lors de l'émission Christine Kelly et vous. "Vous avez un taux de réponse pénale de 80%", a-t-il affirmé.

Plus de 2.500 personnes ont été placées en garde à vue après les violences du 17 octobre, et huit sur dix ont fait l'objet d'une réponse pénale, a indiqué Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, lors de l'émission Christine Kelly et vous.

Le porte-parole refuse de s'engager dans une "bataille des chiffres". "Vous dire qu'on va rattraper chaque personne qui a participé à ce qui s'est passé ce week-end, ça ne sera pas le cas. Mais vous avez un taux de réponse pénale de 80%, ce qui est exceptionnel pour des mouvements de maintien de l'ordre", affirme-t-il. À la sortie de leur garde à vue, huit personnes sur dix font l'objet d'une condamnation ou d'une alternative aux poursuites, et deux sur dix d'un classement sans suite ou d'une enquête qui continue.

Déchéance de nationalité, "un sujet politique"

Sur l'extension de la déchéance de nationalité, il renvoie aux responsables politiques. "C'est une réforme de la Constitution, c'est un sujet politique. Ce n'est pas à moi de me prononcer en tant que porte-parole du ministère de la Justice", dit-il, en rappelant que le président Hollande avait proposé une extension devant le Congrès.

Il distingue deux phénomènes, dont un "très organisé". "Vous n'avez pas 700 personnes qui se retrouvent face à la mairie de Limoges avec des moyens pyrotechniques par hasard", souligne-t-il. Il évoque ensuite les pillages.

"La première chose qu'on doit à nos concitoyens, c'est la protection"

Interrogé sur des auditeurs qui disent vouloir s'armer, il dit comprendre leur crainte. "Le pire des scénarios, c'est un commerçant qui mourrait sous les coups de son assaillant. La première chose qu'on doit à nos concitoyens, c'est la protection. À partir du moment où elle n'est pas assurée, il est tout à fait normal qu'ils s'interrogent." Il rappelle que le maintien de l'ordre relève du ministère de l'Intérieur. "Notre sujet, c'est de sanctionner les faits, et on tente de le faire de la façon la plus ferme possible."