Selon une note confidentielle de la police judiciaire, le Maroc et l'Algérie figurent en tête des pays où se réfugient les fugitifs français, souvent binationaux. Un classement établi à partir des notices rouges Interpol, destiné à mieux cibler l'action de la justice française.
Quelles sont les destinations les plus attractives pour les fugitifs français ? Ces pays où ils peuvent organiser leur cavale grâce à l'absence de coopération judiciaire ou à un réseau local capable de les aider. Selon une note de la police judiciaire, qu'Europe 1 s'est procurée, l'Algérie et le Maroc figurent en haut du podium.
Ce travail d'analyse a été réalisé par la brigade des fugitifs, à partir d'un recoupement des 3.600 notices rouges émises par la France sur la plateforme d'Interpol. Le Maroc arrive en première position, avec une estimation de 219 fugitifs français réfugiés sur son sol. Son voisin algérien en accueillerait pour sa part 124, recherchés par la justice française.
Viennent ensuite Israël, avec 87 fugitifs recensés, la Tunisie (59), les Émirats arabes unis (48), puis la Turquie, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Sénégal, la Serbie et la Thaïlande.
Des binationaux qui profitent de l'absence d'extradition
Bon nombre de ces fugitifs sont des binationaux, qui choisissent de se cacher dans leur pays d'origine. Un choix qui n'a rien d'anodin, car ces pays n'extradent pas leurs propres ressortissants, ce qui réduit considérablement les risques juridiques encourus. C'est alors à la France de les dénoncer, avec, au mieux, un jugement organisé sur place.
Grâce à cette liste de cibles d'intérêt prioritaire, la police française entend désormais trouver des leviers d'action pour chacun de ces justiciables, et ainsi lutter contre le sentiment d'impunité qui entoure ces cavales à l'étranger.