Duralex tourne une nouvelle page avec la validation de son offre de reprise par le tribunal de commerce d’Orléans, accompagnée d'un investissement de 16 millions d’euros. Mais derrière cet espoir, une enquête judiciaire s’intéresse à la gestion de l’ancienne direction et au devenir des 7 millions d’euros investis par 21.000 Français pour sauver l’entreprise.
La célèbre verrerie française Duralex a obtenu une nouvelle chance. Le tribunal de commerce d’Orléans a validé hier l’offre de reprise de l’entreprise par un entrepreneur qui promet d’injecter 16 millions d’euros. Mais derrière cette décision, une enquête judiciaire s’intéresse à la gestion de l’ancienne direction. Au cœur de celle-ci : les 7 millions d’euros investis par 21.000 Français pour sauver l’entreprise.
La police judiciaire a été chargée de l’enquête. Des perquisitions et des auditions ont déjà eu lieu. Pour l’instant, les chefs d’accusation éventuels restent inconnus. La procureure d’Orléans n’a confirmé aucune qualification précise, qu’il s’agisse de détournement de fonds, d’escroquerie ou d’abus de biens sociaux.
En mai dernier, un audit commandé par le ministère de l’Économie avait mis en évidence des erreurs de gestion. Ces conclusions avaient entraîné le licenciement pour faute grave de François Martiano, directeur de la Scop Duralex, ainsi que de son fils Antoine, qui occupait le poste de directeur financier. Tous deux pourraient être concernés par les investigations, sans qu’aucune responsabilité pénale ne soit établie à ce stade.
Où sont passés les 7 millions d’euros ?
La principale question concerne une levée de fonds participative organisée en novembre 2025. Grâce à la plateforme Lita, 21.000 Français avaient investi au total 7 millions d’euros pour aider Duralex à se relever et à éviter un nouveau redressement judiciaire.
La plateforme Lita a également été entendue par les enquêteurs en tant que victime potentielle. Si la reprise de Duralex représente un espoir pour l’avenir de la verrerie et de ses salariés, elle suscite aussi des inquiétudes chez les milliers de particuliers qui ont participé à la collecte.
En effet, le plan de financement du nouveau repreneur ne prévoit aucun remboursement des sommes investies dans cette opération participative. Pour ces 21.000 épargnants, le risque de perdre tout ou partie de leur investissement est donc bien réel.