Dans la nuit du 29 au 30 juillet, trois greens du golf indépendant de Tremblay-sur-Mauldre dans les Yvelines ont été saccagés. Des inscriptions hostiles au golf et des symboles anarchistes ont été retrouvés sur place. Le directeur de l'établissement estime le préjudice à 60.000 euros. Ces exactions, de plus en plus fréquentes, sont revendiquées par l’extrême gauche.
Un coup de téléphone et de nombreux dégâts. C’est au petit matin, il y a une dizaine de jours, qu’un joueur du golf de Tremblay-sur-Mauldre, dans les Yvelines, appelle son directeur pour lui signaler une scène inhabituelle au trou n°4. En se rendant sur place, Emmanuel Bachot découvre l'étendue des dégâts. "Je n'avais pas fait le tour du golf le matin. C'est un joueur qui est arrivé au trou numéro 4. Il m'appelle pour m'alerter de la situation. Il y avait le trou numéro 4, le numéro 6 et le trou numéro 7 qui étaient vandalisés", raconte le directeur.
Une attaque revendiquée
Les auteurs se sont attaqués aux greens, les surfaces les plus sensibles du parcours. À plusieurs endroits, la pelouse a été retournée à coups de bêche. Des inscriptions telles que "bourgeois de merde" ou "sport de luxe", accompagnées de symboles anarchistes, ont également été tracées sur le sol.
Le directeur décide rapidement de déposer plainte. Selon lui, les enquêteurs lui indiquent que ces dégradations s'inscrivent dans une série d'actions revendiquées sur Internet par des militants d'extrême gauche opposés aux golfs, qu'ils accusent notamment de gaspiller l'eau. Le golf de Tremblay-sur-Mauldre rejoint ainsi une liste d'établissements visés ces dernières semaines, après des dégradations recensées notamment à Roissy-en-France (Val-d'Oise) et à Noues-de-Sienne (Calvados).
"C'est dur à comprendre"
Pour Emmanuel Bachot, l'incompréhension domine. "Il y a de la révolte, il y a de l'écœurement. C'est dur à comprendre. Même si des personnes ont des idées par rapport à l'utilisation de l'eau, ça ne justifie en rien ces actes. On est un peu abattu parce que ça entraîne des coûts hyper importants de réparation", confie-t-il au micro d'Europe 1.
Les dommages sont considérables. Les trois greens touchés pourraient devoir être entièrement refaits. "Les greens étant énormément abîmés, on les a reconstruits comme on pouvait mais le résultat final, on ne le connaît pas encore. C'est un travail de puzzle qu'on refait. Il faut imaginer des coups de bêche qui soulèvent le green sur 10 à 20 centimètres. Il y a de fortes chances qu'on doive refaire les greens dans leur totalité." Le directeur estime le coût des réparations à près de 20.000 euros par green, soit 60.000 euros au total.
"Nous aimerions pouvoir dialoguer"
Au-delà des dégâts matériels, Emmanuel Bachot regrette que les auteurs n'aient pas choisi le dialogue. "On aimerait pouvoir échanger avec les gens qui font ça plutôt qu'ils ne fassent ça dans la nuit, en cachette. Qu'ils aient au moins le courage d'échanger."
Le responsable du golf estime par ailleurs que les efforts réalisés par la filière en matière d'économie d'eau sont largement méconnus. "Pourtant, au niveau de la Ligue et de la Fédération, on gère extrêmement bien le suivi des consommations d'eau. On n'arrose plus les fairways, seuls les greens sont arrosés. Les consommations d'eau ont été énormément baissées avec les arrêtés préfectoraux."
Un mois d'août sous tension
Malgré les dégâts, le golf est resté ouvert. Une décision avant tout économique pour cette structure indépendante, qui ne peut se permettre de fermer plusieurs semaines en pleine saison estivale. Les équipes poursuivent les travaux pour tenter de sauver les greens endommagés, tout en accueillant les joueurs.
Avec le retour des fortes chaleurs, Emmanuel Bachot ne cache toutefois pas son inquiétude. Après cette attaque, il craint que son établissement ne soit de nouveau pris pour cible dans les prochaines semaines.