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Dans les Alpes-Maritimes, la mobilisation des parents pour faire la lumière sur un enseignant accusé d'agressions sexuelles

[AFP]

Face à la déflagration de l'affaire Lyhanna et des manquements de la chaîne pénale dans l'affaire, le ministre de la Justice a demandé la réexamination de près de 70.000 plaintes pour violences sexuelles sur mineur. Dans les Alpes-Maritimes, le dossier contre un enseignant de l'école de Saint-Laurent du Var va être réouvert.

Plusieurs semaines après la mort de Lyhanna, la justice se penche de nouveau sur de nombreux dossiers d'agressions sexuelles, à la demande du ministre de la Justice, Gérald Darmanin. 

Dans les Alpes-Maritimes, le dossier d'un enseignant au sein d’une école de Saint-Laurent du Var accusé de viols va être rouvert. Le procureur de Grasse a décidé l'ouverture d'une information judiciaire. Un juge d'instruction va donc enquêter, alors que quatre plaintes ont été déposées en octobre dernier. Mais entre temps, l'affaire a été classée sans suite. 

"Nos enfants ont été plutôt très précis"

Une ineptie pour les parents de l'école, dont Laura, première mère de famille à avoir porté plainte contre l'enseignant. C’est la maman d’un camarade de son fils qui l’a alertée sur des possibles faits de viols subis à l’école. Un soir, elle a donc décidé de parler à son enfant.

"Il m'a regardé et m'a dit : 'Le maître nous a dit de ne pas le dire aux papas et aux mamans'. Il me l'a répété une dizaine de fois. Et à partir de là, il nous a avoué que le maître lui faisait ça aussi à lui", explique-t-elle au micro d'Europe 1.

Entre octobre et novembre dernier, quatre plaintes ont été déposées. Mélina est la maman d’une fillette qui aurait elle aussi subi des violences sexuelles. "On a pu entendre que les enfants ont pu revenir sur leurs paroles, qu'ils n'étaient pas précis, assez confus... Mais, nos enfants ont été plutôt très précis pour des enfants de 3 ans et demi - 4 ans, et très constants", estime-t-elle. 

Une première victoire pour les parents des victimes

Depuis sept mois les parents réclamaient l’ouverture d’une information judiciaire ce que le procureur vient d'ordonner. Une première victoire. "Il est tout à fait impensable aujourd'hui que ce dossier s'arrête sur une décision de classement intervenue après une enquête totalement expéditive et une décision de classement qui, en plus, ne répond à aucune question. Notamment au sujet de la pluralité des peines", s'agace Vincent Brengarth l’avocat des familles.

Après le classement sans suite du dossier, l’enseignant avait pu revenir dans sa classe mais la moitié des parents avait alors retiré leur enfant. Le maître d’école a depuis été muté.