Avec plus de 10 millions de passagers par an, l’aéroport de Marseille-Provence est l’un des plus importants de France. Douanes et gendarmes y multiplient les contrôles pour lutter contre les trafics : cigarettes de contrebande, argent liquide, stupéfiants ou armes.
Dans les entrailles de l’aéroport de Marseille-Provence, les bagages circulent sur un vaste réseau de tapis roulants. C’est là, à l’abri des regards des passagers, que les contrôles commencent. Entre les valises, Van, l’un des chiens douaniers, renifle les bagages à la recherche de produits illégaux.
"Il va rechercher à la fois du tabac de contrebande, mais aussi des sommes d’argent en espèces. Sur le tabac, à l’aéroport, l’an dernier, ce sont presque trois tonnes de cigarettes qui ont été saisies", explique Michael Lachaux, directeur régional des douanes.
Plusieurs millions d’euros en liquide sont également repérés chaque année, sans donner systématiquement lieu à une saisie lorsque les passagers peuvent en justifier l’origine. Lorsque le chien marque un bagage, celui-ci n’est pas immédiatement ouvert. Les valises ciblées sont d’abord photographiées, puis laissées sur les tapis jusqu’à leur récupération par les voyageurs.
"Très souvent, nous descendons ici aléatoirement, à des heures différentes"
"L’objectif, c’est d’attendre que le passager à qui appartienne ces valises les reprenne, pour pouvoir contrôler à la fois la valise, mais aussi le passager qui va avec. Cela permet de constituer le flagrant délit, mais c’est aussi un élément de droit", précise Michael Lachaux.
Des contrôles pour prévenir aussi la corruption. Dans l’intervalle, les forces de l’ordre restent vigilantes. L’adjudant Richard, de la Gendarmerie des transports aériens, surveille qu’aucun employé complice ne tente de soustraire un bagage signalé.
"Très souvent, nous descendons ici aléatoirement, à des heures différentes. Vous pouvez avoir des personnes qui vont ouvrir un bagage et peut-être récupérer un produit stupéfiant ou autre chose. On fait attention aussi à ce genre de corruption qu’il pourrait y avoir au sein d’un aéroport", explique-t-il.
Ces contrôles ont récemment permis d’intercepter une passagère en provenance de Sierra Leone. Elle transportait à elle seule près de 4.000 paquets de cigarettes de contrebande.