Accusé d’agressions sexuelles sur neuf enfants âgés de 3 et 4 ans dans une école parisienne, un animateur périscolaire a vu trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, requis contre lui. Des réquisitions jugées trop clémentes par les familles des victimes, bouleversées à l’issue de l’audience.
Trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, ont été requis mardi contre un animateur accusé d'agressions sexuelles sur des enfants de 3 et 4 ans. L'agent, recruté sans BAFA par les services de la mairie de Paris, travaillait à l'école Alphonse-Baudin, dans le 11e arrondissement de la capitale. Des réquisitions jugées clémentes au regard des faits et de la peine encourue, selon les familles et leurs avocats.
"Nous avons tous été extrêmement déçus"
Au terme de dix heures d'audience mardi, les parents sont sortis abasourdis du tribunal. Certains pleuraient sur les bancs des parties civiles, exprimant leur indignation dans la salle. Martha est la mère d'une petite fille victime alors qu'elle était en petite section au moment des faits.
"Quand on a entendu les réquisitions de la procureure, nous avons tous été extrêmement déçus, tous les parents. C'est surtout l'absence d'emprisonnement qui nous a tous dévastés. Et moi, c'était vraiment ce que je ne voulais pas devoir annoncer à mon enfant", déplore-t-elle.
L'accusé encourt dix ans de réclusion criminelle et 150.000 euros d'amende pour des agressions sexuelles sur neuf victimes, dont les récits ont été évoqués lors de l'audience. Celui de cette petite fille qui affirme avoir été touchée sur le sexe et les fesses "un milliard de fois", ou encore celui d'un de ses camarades, qui évoque des "guilis" sur ses parties génitales.
"Secret poison"
Tous parlent du "secret poison" que leur imposait leur animateur préféré, détaille Rebecca Royer, l'avocate des parents déçus des réquisitions. "La procureure considère que les faits sont caractérisés. On ne peut pas considérer que cela ne nécessite aucun passage en détention. C'est inaudible. Maintenant, nous nous en remettons à la sagesse du tribunal", dénonce-t-elle.
L'animateur David G. concède des maladresses lorsqu'il portait les enfants ou s'isolait avec eux, malgré l'interdiction de sa hiérarchie, mais il nie toute atteinte sexuelle. La défense plaide le manque d'informations et d'encadrement, et pointe le système défaillant du périscolaire parisien. Le tribunal rendra sa décision le 7 juillet.