Interpellée aux côtés de l'évadé de Villepinte "Ganito", l'ancienne surveillante pénitentiaire affirme avoir été contrainte de le suivre dans sa fuite jusqu'aux Pays-Bas. Ces deux suspects, mis en examen et écroués, ne semblent pas avoir la même vision de leurs rapports.
L'ancienne surveillante pénitentiaire, interpellée aux côtés de l'évadé de Villepinte "Ganito", affirme avoir été contrainte de le suivre dans sa fuite jusqu'aux Pays-Bas, d'après son interrogatoire dont l'AFP a eu connaissance jeudi.
Une vision différente de leurs rapports
De son vrai nom Ilyas Kherbouch, 21 ans et connu de la justice pour des home-jackings violents, il s'est évadé de la maison d'arrêt de Villepinte en Seine-Saint-Denis, le 7 mars en plein après-midi, à l'aide de faux policiers. Sa cavale a pris fin le 20 mars, quand il a été arrêté dans le sud de la France en compagnie de cette ancienne surveillante.
Ces deux suspects, mis en examen et écroués, ne semblent pas avoir la même vision de leurs rapports. "Pour moi, c'était juste de l'attachement, pour lui c'était de l'amour", a raconté la jeune femme mardi à la juge d'instruction. Elle a rencontré Ilyas Kherbouch à Villepinte quand elle y réalisait son stage de surveillante. Après avoir été radiée en mars 2025 "pour absentéisme", "Ganito" l'a contactée en septembre sur Snapchat.
Des retrouvailles avec "Ganito" à Melun
Elle, qui explique être en couple depuis dix ans avec un homme, a cru à "une relation uniquement virtuelle" avec Ganito, comme l'a aussi révélé Le Figaro. Le jour de son évasion, le détenu l'a contactée : il lui aurait affirmé être en permission. L'administration pénitentiaire le croyait en garde à vue et n'avait pas encore alerté sur son absence.
La femme de 25 ans raconte avoir retrouvé Ganito à Melun. Elle y a passé la nuit, puis il l'a contrainte à partir avec lui, selon ses dires. Ce n'est pas l'avis de la justice à ce stade, qui l'a mise en examen notamment pour "soustraction habituelle de criminel à l'arrestation ou aux recherches".
Elle accuse Ilyas Kherbouch de l'avoir frappée plusieurs fois, jusqu'à la menacer avec un couteau. Enceinte, elle lui a fait croire qu'il était le père pour tenter de "(se) protéger de ses violences".
"Les dix plus beaux jours de sa vie"
Une version loin de celle relatée par ce dernier, qui a décrit à son avocate "les dix plus beaux jours de sa vie". "Ce n'est pas pour l'excuser, mais son explication" à l'évasion, "c'est qu'il a connu la liberté pendant un mois et demi depuis ses 14 ans", avait déclaré mardi à l'AFP son avocate, May Sarah Vogelhut.
Le duo est passé par la Belgique pour séjourner aux Pays-Bas. La suspecte affirme avoir suggéré de se rendre au Maroc par l'Espagne, disant espérer en secret se rapprocher de sa famille dans le sud de la France. Ils sont passés par l'Allemagne puis Strasbourg, avant d'arriver à Canet-en-Roussillon dans les Pyrénées-Orientales, lieu de l'interpellation.