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«Aujourd’hui, ce sont les filles» : les réseaux de drogue se féminisent

Les policiers s’attendent à interpeller de plus en plus de femmes dans les années à venir. [Romain Costaseca / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

De plus en plus présentes dans les réseaux de drogue, les femmes occupent désormais des rôles variés, du deal de rue jusqu’à la gestion de trafics. Une évolution confirmée par les services de renseignement, qui s’explique notamment par des stratégies de discrétion et de confiance au sein des organisations criminelles.

La tendance se confirme ces dernières années : les réseaux de drogue se féminisent. Une évolution confirmée par un récent rapport du service de renseignement de la police judiciaire. Dans ce milieu d’hommes, où la violence est la norme, ces femmes sont utilisées pour différentes tâches.

"Elles se font moins contrôler"

Dans les cités, certaines femmes n’hésitent plus à rejoindre les narcotrafiquants. "Eh oui, il y a des filles. Bien sûr qu’il y a des filles. Avant, ils ne faisaient pas travailler les filles. Là, aujourd’hui, il y a des filles, du coup elles vont dealer", témoigne cet ancien dealer, désormais repenti, qui a assisté à cette évolution.

Les trafiquants de drogue y ont recours par souci de discrétion. "C’est triste, mais c’est une volonté aussi des réseaux. Et aujourd’hui, ce sont les filles, car elles passent peut-être mieux, elles se font moins contrôler en voiture et conduisent un petit peu moins vite. Donc voilà, ils ont mis en place un nouveau système. Pour la livraison, pour tout ça, c’est plus discret", observe Arnaud Blaise, représentant marseillais du syndicat de police Un1té.

Certaines dirigent même des réseaux

Dans certains cas, des chefs de réseaux incarcérés laissent les clés de la boutique à leur compagne. "Elles font la relation directe avec ces gars-là en prison. Ils ont davantage confiance en elles qu’en d’anciens copains. Parce qu’avec l’argent que ça rapporte, vous savez que vous pouvez être trahi du jour au lendemain", explique Rudy Mana, responsable de la communication du syndicat UNSA Police. 

Pour lui, "cela peut arriver très fréquemment que ce soient des anciennes compagnes ou des compagnes actuelles en qui ils ont davantage confiance". Dans les affaires de stupéfiants, ces policiers s’attendent à interpeller de plus en plus de femmes dans les années à venir.