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Actuellement à l'antenne

Après ses aveux, Cédric Jubillar à l'épreuve de la reconstitution du meurtre

Une reconstitution du meurtre de Delphine Jubillar est organisée ce vendredi dans le Tarn, près d'Albi, en présence de Cédric, son mari. Ce dernier, après avoir finalement avoué il y a quelques mois, toute la question porte sur la préméditation de cet acte ou non.

Dans quelles circonstances Cédric Jubillar a-t-il tué son épouse? Ses aveux tardifs correspondent-ils aux constatations des enquêteurs? Une reconstitution de la nuit du meurtre de Delphine Aussaguel est organisée vendredi dans le Tarn, près d'Albi.

Extrait de sa cellule de la prison de Seysses, près de Toulouse, où il est détenu depuis juin 2021, Cédric Jubillar est arrivé sur les lieux dans un véhicule de l'administration pénitentiaire.

Dans la maison où le couple résidait avec ses deux enfants dans le village de Cagnac-les-Mines, puis dans le champ de Mailhoc où des ossements de l'infirmière ont été découverts le 16 juillet, magistrats, gendarmes et avocats de la partie civile scruteront les gestes de celui qui a fini par admettre son crime, après cinq ans de déni.

Alors que les faits se sont déroulés dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, en plein confinement, les protagonistes se sont dirigés vers 09H30 vers la maison des Jubillar, première étape de la reconstitution.

Ce sera plutôt "une mise en situation", avait prévenu la première présidente de la cour d'appel de Toulouse? Chantal Ferreira, lors d'un entretien avec AFP la semaine dernière.

Un acte prémédité ?

A-t-il prémédité son geste et la dissimulation du cadavre ? Comme Cédric Jubillar avait dit à des proches, selon lui sur le ton de la plaisanterie, qu'il allait tuer sa femme, l'enterrer et que personne ne la retrouverait, des avocats de la partie civile se demandent si la journée de vendredi peut fournir des indications accréditant cette thèse.

Pour Laurent Boguet, avocat des enfants du couple Jubillar-Aussaguel, "le premier procès avait révélé qu'il avait fomenté cette idée (de meurtre) de nombreuses semaines auparavant, qu'il en avait partagé le contenu avec de nombreux témoins venus déposer à la barre".

"La présentation qui consiste à dire: 'J'ai perdu le contrôle sur provocation de Delphine', j'ai du mal à y croire", a poursuivi Me Boguet, seul avocat à s'exprimer quelques minutes avant de rejoindre ses confrères pour participer à la reconstitution.

Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025, il a fait appel de la décision. Un nouveau procès se déroulera à Toulouse du 30 avril au 14 mai, devant la cour d'assises de Haute-Garonne.

A l'entrée du lotissement où se trouve la maison des Jubillar, des fourgon de gendarmerie sont stationnées et des barrières métalliques bloquent les accès.

Cinq ans de déni

Le 15 juillet, le peintre-plaquiste de 39 ans, en détention provisoire depuis juin 2021, a avoué avoir étranglé sa femme à la suite d'une dispute, dans leur maison, alors que les enfants dormaient.

Cette révélation a été suivie d'une autre: l'endroit où il a enterré le corps, en lisière d'un champ à Mailhoc, un village distant d'une dizaine de kilomètres. L'analyse ADN des ossements exhumés le 16 juillet a confirmé qu'il s'agissait bien de restes de Delphine Aussaguel, une infirmière de 33 ans qui travaillait dans une clinique d'Albi.

La reconstitution conduira d'abord la juge d'instruction, les enquêteurs, les avocats de la défense et de la partie civile dans la maison des Jubillar, où l'accusé devra expliquer et montrer in situ comment il a donné la mort à son épouse.

Ce qui s'est passé cette nuit-là "va être remis en scène", anticipe Mme Ferreira. Devant la maison inachevée, scène du crime, les broussailles et herbes hautes qui avaient envahi le jardin en contrebas de l'habitation ont été coupées récemment pour faciliter l'accès, a constaté en début de semaine un journaliste de l'AFP.

Les enquêteurs prendront ensuite la route pour rejoindre le lieu où M. Jubillar a enterré Delphine Aussaguel, en lisière d'un champ situé sur la commune de Mailhoc, un lieu aperçu auparavant "dans le cadre d'un chantier", a-t-il dit à la juge lors de son audition.

Philippe Pressecq, avocat d'une cousine de la victime, regrette que la reconstitution se fasse de jour, estimant que "ce qui s'est passé à l'extérieur, il faut que ce soit fait la nuit, c'est une évidence".

Mercredi et jeudi, une nouvelle séquence de fouilles, très attendues par la famille et les proches, a été organisée par les gendarmes, dans un champ de Mailhoc, qui n'avait pas encore fait l'objet d'investigations, selon une source proche de l'enquête, mais aucun élément nouveau n'a été retrouvé.