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Antilles : ce que l'on sait des blocages et des violences contre la vie chère en Guadeloupe et en Martinique

[© JULIEN DE ROSA / AFP]

Des barrages enflammés ont été érigés en Martinique contre la vie chère, tandis que 44 personnes, dont plus de la moitié de mineurs, ont été interpellées en Guadeloupe lors de heurts dans la nuit de dimanche à lundi. Un couvre-feu pour les mineurs avait été instauré après des violences ayant blessé trois policiers par balles.

Des barrages enflammés ont été érigés en Martinique contre la vie chère et 44 personnes ont été interpellées en Guadeloupe, dans les Antilles françaises, lors de heurts dans la nuit de dimanche à lundi, selon l'AFP et les autorités.

En Martinique, des entraves à la circulation ont été installées dès dimanche soir sur la route nationale 5 (RN5), un axe du sud de l'île, avant une mobilisation prévue lundi à l'appel du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), a constaté l'AFP.

Les gendarmes sont intervenus au cours de la nuit à Sainte-Luce et Rivière-Salée (sud), ont indiqué les forces de l'ordre. Lundi matin, d'autres barrages ont été constatés par l'AFP dans le nord et le centre de ce territoire ultramarin.

À Fort-de-France, le chef-lieu, le quartier de Sainte-Thérèse fait l'objet d'un "blocage conséquent", observé par des journalistes de l'AFP.

"On ira jusqu'au bout"

"On ira jusqu'au bout. Ils ne nous ont pas donné le choix", a assuré Rodrigue Petitot, président du RPPRAC, dans une vidéo diffusée sur TikTok depuis son fief de Canal Alaric, visionnée par l'AFP.

Face aux blocages, les gendarmes mobiles, avec l'aide d'un blindé, ont entamé le dégagement du boulevard Maurice Bishop, une artère du quartier.

Dans l'archipel voisin de la Guadeloupe, la nuit a été marquée par "plusieurs tentatives de barrages et jets de projectiles", selon un communiqué de la préfecture.

Au total, 44 personnes y ont été interpellées, dont "plus de la moitié de personnes mineures". Des pillages ont été constatés par la police aux Abymes, commune limitrophe de Pointe-à-Pitre, a précisé la représentation de l'État.

Le sénateur de Guadeloupe Victorin Lurel a estimé que "les exactions, les pillages, les dégradations matérielles et surtout les atteintes physiques aux personnes" étaient "intolérables et inexcusables".

L'élu a appelé l'État au dialogue, ajoutant que "des réponses politiques devront également être apportées à la détresse exprimée par la jeunesse".

Le centre-ville de Pointe-à-Pitre, la capitale économique, n'a connu "aucun trouble grave" et la circulation est redevenue "normale" dès 06H30, ont ajouté les autorités.

Le préfet Thierry Devimeux avait instauré pour la nuit de dimanche à lundi un couvre-feu pour les mineurs à Pointe-à-Pitre et aux Abymes.

Cette mesure faisait suite à des violences urbaines au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles, selon la préfecture.