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«A l'école, elle aurait dû être en sécurité» : la mère d'Evaëlle demande la reconnaissance du harcèlement de sa fille

[LOIC VENANCE / AFP]

Au procès en appel de la professeure accusée d’avoir harcelé Evaëlle, collégienne de 11 ans qui s’est suicidée en 2019, la mère de l’adolescente a imploré lundi la justice de reconnaître la responsabilité de l’enseignante. La professeure, relaxée en première instance, continue de nier tout comportement ciblé.

La cour d’appel de Versailles a entendu lundi des échanges particulièrement chargés d’émotion au procès en appel de la professeure accusée d’avoir harcelé Evaëlle, 11 ans, retrouvée pendue en 2019. À la barre, la mère de l’adolescente a exhorté la justice à reconnaître la responsabilité de l’enseignante, relaxée en première instance l’an passé.

Elle a rappelé que sa fille “aurait dû être en sécurité” à l’école et qu’elle avait au contraire rencontré “l’humiliation, l’isolement”, jusqu’à un point “trop lourd à porter”. Évoquant la personnalité d’Evaëlle, elle a décrit une enfant passionnée de lecture, “coquette”, “qui aimait les chevaux” et surtout son chat Lancelot.

"Vous pensiez que ça allait pouvoir bien se passer ?"

L’enseignante, 63 ans, aujourd’hui retraitée, conteste toujours les accusations. À la barre, elle affirme : “Il m’arrivait de répondre sèchement à des élèves mais je n’ai jamais ciblé un élève en particulier.” Elle dit n’avoir “jamais” voulu mettre Evaëlle “en difficulté”, tout en reconnaissant lui avoir fait des remarques “comme avec d’autres élèves”. 

Les tensions avec l’adolescente avaient pourtant marqué l’année scolaire. Un épisode revient notamment dans le dossier : une séance de vie de classe où l’enseignante avait demandé aux élèves de répondre à la question “Pourquoi Evaëlle se sent-elle harcelée et exclue ?”. Bouleversée, la collégienne avait raconté à ses parents avoir vécu la “pire journée de (sa) vie”.

La présidente de la cour d’appel a interrogé l’enseignante sur cette méthode : “Vous pensiez que ça allait pouvoir bien se passer ?” L’enseignante a répondu qu’elle pensait que “le but”, ce jour-là, “c’était de résoudre les problèmes entre élèves”. 

"Elle s'en prend aux faibles" 

À l’audience, plusieurs déclarations d’anciens élèves ont été relues. L’un d’eux affirmait que la professeure “faisait beaucoup de remarques à Evaëlle”, une autre qu’“elle s’en prend aux faibles”. Un ancien élève a également témoigné avoir été traité de “débile” en cours, ou comme celui “qui n’avait pas compris”.

La professeure reconnaît pouvoir avoir eu des propos “secs” ou “cassants”, mais nie toute intention de nuire : “Je ne me disais pas : 'chouette je vais harceler un enfant'”, assurant avoir une “personnalité clivante”. Relaxe en 2025, elle fait de nouveau face à la justice après l’appel du ministère public, qui avait requis 18 mois de prison avec sursis. Depuis 2022, le harcèlement scolaire constitue un délit pénal.