Le quartier des Essarts, à Échirolles près de Grenoble, est sous le choc après la découverte du corps d'un jeune homme dans une voiture incendiée. La victime aurait été exécutée de plusieurs balles dans un contexte de narcotrafic, sur fond de violences récurrentes dans l'agglomération grenobloise.
À Échirolles, dans l'agglomération grenobloise, l'horreur a laissé des traces visibles au pied des immeubles. Dimanche matin, le corps sans vie d'un jeune homme a été retrouvé dans une voiture incendiée. Selon les premiers éléments de l'enquête, la victime aurait reçu quatre balles avant que le véhicule ne soit volontairement brûlé, dans ce qui ressemble fortement à un règlement de comptes lié au narcotrafic.
L'affaire a pris une dimension encore plus glaçante avec la diffusion, sur les réseaux sociaux, de vidéos montrant l'exécution présumée ainsi que le jeune homme menacé avec une arme. Des images qui auraient été partagées pour intimider et envoyer un message à des groupes rivaux.
Un quartier marqué par une montée de la violence
Sur place, il ne reste que des morceaux de bitume calciné et des débris de verre. Mais pour les habitants du quartier, le choc est immense. Beaucoup décrivent une atmosphère qui s'est considérablement dégradée ces dernières années.
"J'ai vu la voiture en flammes en partant travailler. Franchement, ça fait peur", raconte un riverain installé dans le quartier depuis plus de quarante ans. "En dix ans, tout a changé."
D'autres habitants évoquent une violence devenue presque quotidienne. Fusillades, tensions entre bandes rivales, coups de feu réguliers : certains assurent que la situation n'a cessé de se détériorer.
"Ce n'est malheureusement pas la première fois", souffle une habitante ayant récemment quitté le secteur avec sa famille. "La semaine dernière encore, il y a eu des tirs ici. On est partis pour protéger notre fille."
"Le phénomène marseillais s'exporte"
Pour Alberto Randazzo, représentant du syndicat Alliance Police Nationale en Isère, cette affaire marque un nouveau cap dans la violence liée au narcotrafic dans la région grenobloise.
"Il faut savoir qu'il y a quasiment toutes les semaines une fusillade dans l'agglomération grenobloise, parfois avec des morts", explique-t-il. "On a eu récemment des grenades lancées dans un bar ou encore dans un institut de beauté. Aujourd'hui, on voit apparaître des méthodes qui rappellent ce qu'on observe à Marseille, avec des victimes abattues puis brûlées dans des véhicules."
Selon lui, la diffusion des vidéos sur les réseaux sociaux s'inscrit dans une logique d'intimidation et de communication entre groupes criminels. "Le message envoyé est clair : voilà ce qui arrive lorsqu’on s'oppose à certains réseaux."
Le parquet de Grenoble a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de la mort du jeune homme et d'identifier les auteurs des faits. Une autopsie devait notamment permettre de confirmer les causes du décès et d'apporter de nouveaux éléments aux enquêteurs.