C'est un phénomène qui ne cesse de croître : le cryptorapt. Ses enlèvements ou séquestrations, souvent violents, avec une demande de rançon ou de remise en valeur de cryptomonnaie. Le Pnaco a dévoilé un bilan sur cette nouvelle forme d'ultra-violence.
Les chiffres sont édifiants. Ce vendredi, Vanessa Perrée, la procureure du Parquet national anticriminalité organisé (Pnaco), a dévoilé un bilan sur les cryptorapts. Depuis trois ans, pas moins de 135 faits de séquestrations et d'enlèvements liés aux cryptoactifs ont été recensés. Et cela ne fait qu'augmenter.
Pour de l'argent, les criminels ont souvent recours à la torture et à la mutilation
En 2025, on en comptait 67, seulement 18 en 2024. Cette année, on recense déjà 47 dossiers en seulement quatre mois. Mais alors pourquoi une telle flambée des cryptorapts ? Pour Antoine Chéron, avocat et spécialiste du numérique, les criminels ont trouvé une nouvelle manière de faire de l'argent facile.
"Les criminels ont pris conscience de ce patrimoine de certaines personnes liées à la crypto-monnaie. Ils arrivent à avoir des informations qu'ils croisent avec l'intelligence artificielle. Et puis avec les piratages de bases de données pour ensuite séquestrer et enlever des membres de leur famille pour justement obtenir ces rançons".
Ce que montre aussi ce bilan, c'est le profil des agresseurs. La justice fait face à des réseaux très structurés, capables de recruter des petites mains de plus en plus jeunes. Sur les 88 personnes mises en examen dans ces enquêtes, 10 sont mineures.
Beaucoup des personnes identifiées apparaissent de manière récurrente, preuve que ces réseaux sont organisés. Autre nouveauté, l'ultra-violence. Pour de l'argent, les criminels ont souvent recours à la torture et à la mutilation. Face à l'ampleur de ces faits, le Pnaco promet désormais une réponse pénale maximale.