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Intelligence artificielle : «L'Europe crée sa troisième voie face aux États-Unis et à la Chine», rappelle Julie Huguet

"La course de l'intelligence artificielle vient seulement de démarrer", affirme-t-elle. [© Joan Cros / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Ce 2 août, la phase d'application de l'AI Act européen est enclenchée. Julie Huguet, directrice de la French Tech, a apporté son expertise sur ces bouleversements dans le monde de l'intelligence artificielle au micro d'Europe 1 Matin.

Les nouvelles dispositions de l'AI Act européen sont entrées en vigueur ce samedi. Invitée d'Europe 1 Matin, Julie Huguet, directrice de la French Tech, a détaillé les principaux changements du développement de l'intelligence artificielle sur le Vieux Continent.

Selon elle, la principale nouveauté concerne l’obligation de transparence. "Tout contenu qui a été créé par l'intelligence artificielle doit être signalé", explique-t-elle, en prenant l'exemple "des appels de démarchage réalisés par une IA". En cas de non-respect de cette règle, les entreprises s'exposent à de lourdes sanctions pouvant atteindre "35 millions d'euros ou 7% du chiffre d’affaires mondial".

Julie Huguet estime également que ce règlement constitue une première réponse au phénomène des deepfakes : "C'est la première fois qu'il y a une véritable tentative de les réguler". 

Vers un cadre commun afin de "limiter les usages les plus dangereux de l'IA"

La directrice de la French Tech insiste sur le fait que cette démarche est "soutenue par plusieurs grands acteurs du secteur, comme OpenAI, Anthropic ou Google DeepMind", qui plaident eux aussi pour un cadre commun afin de "limiter les usages les plus dangereux de l'IA".

Elle rejette l'idée que cette réglementation pénaliserait l'Europe dans la course mondiale à l’intelligence artificielle. Si l'AI Act crée "un cadre de confiance", elle rappelle que l'Union européenne investit aussi dans "les infrastructures, les talents et les capacités de calcul". "La course de l'intelligence artificielle vient seulement de démarrer", affirme-t-elle.

"On parle beaucoup des États-Unis et de la Chine quand on évoque l'IA. Mais l'Europe crée sa troisième voie avec d'autres pays de confiance pour pouvoir se positionner, avoir nos propres modèles, avoir notre propre dépendance", conclut-elle.