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Nouvelle vague de chaleur sur la France : pourquoi les canicules frappent durement l'Hexagone cette année ?

[jeff_pachoud_afp_]

La France affronte ce mercredi sa troisième vague de chaleur depuis le début de l'été, sa quatrième si l'on compte celle survenue fin mai. Cette année, l'Hexagone est particulièrement touché par ces canicules à répétition et ce en raison de divers facteurs.

Une partie de la France suffoque à nouveau ce mercredi. Une nouvelle vague de chaleur s'installe sur l'Hexagone et le mercure va, une fois de plus, s'envoler, notamment dans l'ouest du pays. De mauvais augure pour les pompiers, toujours aux prises avec l'immense incendie qui a ravagé plus de 42.000 hectares de forêt en Gironde, "stabilisé" à ce jour mais toujours pas fixé. 

Concrètement, la barre des 40°C sera atteinte, voire dépassée localement dans le quart sud-ouest, précisément entre Bordeaux et le Bassin d'Arcachon. Il fera également 40 à Toulouse, 38 à Paris ou encore 36 à Lyon. Néanmoins, cette canicule se dirigera rapidement vers l'est du pays et l'air redeviendra respirable dès jeudi avec un mercure qui redescendra sous les 30°C sur une large partie de l'Hexagone. 

Bien que de courte durée, cette nouvelle vague de chaleur, la troisième depuis le début de l'été interroge. La France est en effet particulièrement touchée par la canicule depuis plus d'un mois et ce en raison de plusieurs facteurs dont certains sont exacerbés par le dérèglement climatique. 

Pompe à chaleur

Le premier d'entre eux est appelé "plume ibérique" par les météorologues. Il se matérialise par "un conflit entre une goutte froide au large de l'Atlantique et une dorsale anticyclonique sur l'Europe centrale", explique pour Europe 1 Patrick Marlière météorologue et fondateur d'Agathe Météo. Une configuration assez classique en période estivale dans laquelle de l'air très chaud et sec remontant d'Espagne et du Maghreb entre en conflit avec l'air plus frais de l'Atlantique. 

La goutte froide ainsi formée "agit comme une véritable pompe à chaleur en aspirant directement l'air brûlant du Sahara et de la péninsule ibérique pour le propulser vers le nord", poursuit Patrick Marlière. Raison pour laquelle la façade atlantique est très souvent en première ligne face à ces canicules. "Contrairement à une idée reçue, la proximité de l'océan Atlantique ne protège pas toujours l'Ouest : lorsque le flux est orienté au Sud-Sud-Est, le vent vient des terres et bloque les brises marines rafraîchissantes. L'air chaud survole des terres arides avant d'atteindre les côtes, ce qui accélère la montée du mercure dès les premières heures de la journée", détaille le météorologue. 

La sécheresse des sols

Si ce phénomène n'a rien d'inhabituel, ses effets sont décuplés depuis plusieurs années. La fonte des glaces du Groenland provoque une arrivée plus importante d'eau froide en provenance de l'Atlantique Nord contribuant ainsi à accentuer le contraste de température entre les deux masses d'air, les températures dans le Sahara étant, de leur côté, plus chaudes qu'avant en raison du réchauffement global de la planète. 

Une situation qui peut favoriser certaines conditions atmosphériques propices au développement de canicules en France. "Les masses d'air qui remontent du Sud sont de base plus chaudes de 1,5 à 2°C qu'il y a 50 ans et le courant d'altitude a tendance à onduler davantage de manière stationnaire, bloquant ces canicules plus longtemps sur la France", développe Patrick Marlière. 

La France paie enfin le prix de la sécheresse de ses sols, notamment en Gironde où le mois de juin a été marqué par un important déficit pluviométrique. "Lorsque les sols sont humides, une grande partie du rayonnement solaire sert à évaporer l'eau. Mais avec des sols asséchés, l'énergie solaire se transforme à 100% en chaleur directe pour l'air. Les températures s'envolent ainsi beaucoup plus rapidement dans l'intérieur des terres de l'Ouest", conclut Patrick Marlière.