La violente tempête qui frappe le nord du Chili a fait au moins dix morts, quatre disparus, et isolé plus de 100.000 personnes. Face à l'ampleur des dégâts, le gouvernement a décrété l'état de catastrophe et mobilisé l'armée pour les opérations de secours.
Touché par une tempête d'une violence hors-norme, le Chili a fait état d'au moins dix morts et près de 100.000 personnes isolées en raison de l'interruption des voies de communication, selon un nouveau bilan publié lundi 20 juillet par le gouvernement. L'état de catastrophe a été décrété et l'armée mobilisée pour les opérations de sauvetage.
Cette tempête, qui a débuté le 15 juillet, touche particulièrement les régions de Coquimbo et d'Atacama, dans le nord du pays, où les précipitations extrêmes sont rares.
L'armée mobilisée pour aider les rescapés
Après un premier bilan qui faisait état de cinq morts, le Service national des urgences a annoncé de nouveaux morts. "On dénombre dix morts, quatre disparus et 17 blessés. Il y a 2.422 personnes sinistrées", a déclaré à la presse Alicia Cebrián, directrice du Service national des urgences.
Ces intempéries ont également entraîné la destruction ou l'endommagement d'environ 2.200 habitations, fait quelque 2.400 sinistrés et laissé plus de 100.000 personnes isolées, ont indiqué les autorités.
En raison de la crue des rivières, les routes reliant plusieurs villages ont été coupées, isolant les localités les unes des autres. Dans les zones rurales de Coquimbo, à environ 460 km au nord de Santiago, l'armée a utilisé des tracteurs pour secourir des personnes prises au piège par les inondations et a dû évacuer des personnes en hélicoptère depuis les toits de leurs maisons, selon des images diffusées par les médias locaux.
Il y a des quartiers "recouverts de boue et d'eau, inondés. Les gens ont tout perdu : leur maison, leurs biens. Ils sont très angoissés", a déclaré à l'AFP le gouverneur de Coquimbo, Cristóbal Juliá.
Le président chilien José Antonio Kast a décrété lundi 20 juillet l'état de catastrophe dans une partie du nord du pays, ce qui autorise le déploiement de l'armée, la restriction des déplacements et l'acheminement plus rapide de l'aide humanitaire.
Des pluies hors norme
À Coquimbo, inondations, glissements de terrain et coupures de courant ont en outre perturbé l'approvisionnement en eau potable. "La quantité de pluie qui tombe habituellement en un mois est tombée (hier) en une heure, ce qui permet de qualifier cet événement de précipitations anormales et extrêmes", a déclaré lundi à la presse le ministre de l'Intérieur, Maximo Pavez.
Selon Arnaldo Zúñiga, de la Direction météorologique du Chili, le pays n'avait pas connu depuis deux décennies une tempête aussi étendue et accompagnée de précipitations aussi fortes. "Cela fait de nombreuses années que nous n'avions pas connu de conditions similaires", a-t-il déclaré à l'AFP.
Environ 150.000 personnes sont toujours privées d'électricité dans tout le pays, a annoncé le ministère de l'Énergie sur son compte X. "La situation a dépassé toutes les prévisions. Nos infrastructures ont été endommagées et nous avons dû évacuer notre personnel de certaines installations", a déclaré à la presse le directeur régional de la compagnie des eaux Aguas del Valle, Andrés Nazer.
En raison des fortes houles et des rafales de vent dépassant les 100 km/h, des dizaines de ports à travers le pays ont partiellement restreint leurs activités à titre préventif la semaine dernière.
Les scientifiques avertissent que l'intensité et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes à l'échelle du globe augmenteront à mesure que la planète continue de se réchauffer en raison des émissions de combustibles fossiles.