L'escalade se poursuit au Moyen-Orient. Les frappes américaines contre l'Iran se sont poursuivies pour la neuvième nuit consécutive, tandis que la paralysie du détroit d'Ormuz bouleverse le trafic maritime. Face à cette situation, les Émirats arabes unis accélèrent un projet de port stratégique pour sécuriser leurs routes commerciales.
Le Golfe se réorganise. C'est la neuvième nuit consécutive de frappes américaines en Iran. Le président américain Donald Trump a assuré que les forces américaines avaient "frappé très durement" le territoire iranien, en hommage aux trois soldats américains tués au combat.
Selon l'armée américaine, les frappes ont visé des centres de commandement ainsi que des réseaux de communication. Sur le plan maritime, le détroit d'Ormuz est à nouveau paralysé. Le trafic est quasiment à l'arrêt. Un navire est en feu ce matin et deux pétroliers ont été interceptés par Téhéran.
La course aux ports, une solution pour contourner Ormuz
Face à cette situation, les pays de la région cherchent des solutions pour développer des routes commerciales alternatives. Les Émirats arabes unis misent sur la construction d'un grand port sur la côte est du pays, à Fujaïrah. L'objectif est de contourner le détroit d'Ormuz.
Pour comprendre l'importance stratégique de ce projet, il faut se pencher sur la géographie des Émirats. Le pays dispose de deux façades maritimes : à l'ouest, le golfe Persique, où se trouvent Abu Dhabi, Dubaï et l'un des plus grands ports de conteneurs au monde et à l'est, le golfe d'Oman, où les infrastructures portuaires sont aujourd'hui plus limitées. Entre les deux se trouve le détroit d'Ormuz, passage obligé pour les navires commerciaux qui desservent notamment le port de Dubaï.
Depuis le début de la guerre, l'activité dans cette zone a chuté de plus de 90%, un coup d'arrêt aux conséquences désastreuses pour l'économie de Dubaï.
Pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise, les Émirats souhaitent développer massivement leur façade orientale. Le nouveau port de Fujairah permettra aux porte-conteneurs en provenance d'Asie ou d'Europe de rejoindre directement les Émirats sans avoir à franchir le détroit d'Ormuz.
Le calendrier de ce projet titanesque illustre son importance stratégique. Abu Dhabi vise une mise en service d'ici un an et demi. Malgré les défis logistiques et un coût estimé à plusieurs centaines de millions de dollars, l'objectif est clair : ouvrir de nouvelles routes commerciales moins vulnérables à l'instabilité géopolitique.
Sur les marchés, les tensions continuent de soutenir les cours du pétrole. Le prix du baril de Brent est en hausse de 2,7 % ces derniers jours, porté par la guerre au Moyen-Orient.