Après plusieurs années de débats et de nombreux aller-retours entre le Sénat et l'Assemblée nationale, le Parlement a adopté ce mercredi 15 juillet la loi sur la fin de vie. Mais pour les opposants au texte, hors de question de s'arrêter là. Ils vont désormais se tourner vers le Conseil constitutionnel.
La loi sur la fin de vie, qui créer un droit à l'aide à mourir et légalise sous condition l'euthanasie, a été adoptée ce mercredi 15 juillet par 291 voix contre 241, avec 29 abstentions. Emmanuel Macron, qui a fait de cette loi l'un des marqueurs principaux de son second mandat, a remercié les parlementaires pour un débat constructif et respectueux.
Le vote est passé par la contestation. Les opposants misent désormais sur le Conseil constitutionnel, avec dans leur viseur notamment le délai de réflexion. Une fois sa demande d'aide à mourir acceptée, un patient pourra la confirmer seulement deux jours plus tard.
"Je préfère une société qui aide à vivre plutôt qu'une société qui aide à mourir"
Le député RN Christophe Benz redoute aussi des dérives. "Nous aurions dû faire plus, nous aurions pu faire mieux, mais pas nous résigner au suicide. Cette loi va arracher des vies humaines, des vies soignables, des vies sauvables, des personnes qui demandent la mort, et c'est légitime quand on a trop mal, mais avec des doutes et des troubles dans le consentement dans la douleur", estime-t-il.
Des opposants soutenus par une partie du corps médical, des associations et des représentants des cultes. L'église de France déplore une rupture grave dans l'histoire de notre pays.
De son côté, le député LR Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital Georges Pompidou, espère que les sages protégeront mieux les personnes les plus vulnérables. "On va proposer la mort avant de proposer des soins. Moi, je préfère une société qui aide à vivre plutôt qu'une société qui aide à mourir", affirme-t-il.
Le Conseil constitutionnel a un mois pour se prononcer. D'ici là, la promulgation de la loi est suspendue.