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Détroit d'Ormuz : le trafic maritime chute après les frappes américano-iraniennes

[AFP]

Donald Trump avait indiqué que le cessez-le-feu était terminé et cela s'est vu sur le terrain. L'armée américaine a procédé à de nouvelles frappes sur le territoire iranien. Le régime de Téhéran a répondu en attaquant des sites stratégiques pour les États-Unis au Moyen-Orient. Une situation qui a ralenti le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. 

Le trafic dans le détroit d'Ormuz a nettement ralenti depuis mercredi, en particulier sur la route maritime omanaise soutenue par l'ONU, après les attaques ayant visé plusieurs navires plus tôt dans la semaine et le nouvel échange de frappes entre l'Iran et les États-Unis, ont indiqué des analystes.

Une reprise qui semble désormais s'essoufler 

Le trafic dans cette voie maritime stratégique avait atteint son plus haut niveau depuis le début de la guerre après la conclusion d'une trêve entre Téhéran et Washington à la mi-juin, tout en restant limité à environ un tiers de son niveau habituel en temps de paix.

Mais cette reprise semble désormais s'essouffler : seuls six pétroliers transportant des matières premières avaient franchi le détroit jeudi à 14H30 GMT, tandis que 21 l'avaient traversé mercredi, selon les données de Kpler.

La seule journée ayant enregistré un trafic plus faible depuis la trêve entre les deux parties remonte au 28 juin, avec 19 passages, au lendemain de l'attaque d'un pétrolier touché au large d'Oman.

Les États-Unis ont de nouveau frappé l'Iran dans la nuit de mercredi à jeudi, disant avoir visé des cibles militaires, mais Téhéran a riposté contre des alliés de Washington dans le Golfe.

Sans accord, la situation "restera très, très instable"

"Des hauts et des bas, voilà ce à quoi je m'attends, non seulement pendant l'été, mais pratiquement jusqu'à la fin de l'année, jusqu'à ce qu'un accord concret soit conclu entre Téhéran et Washington", a estimé Andrew Wilson, directeur de la recherche chez le courtier maritime BRS, lors d'un webinaire organisé jeudi par la revue maritime Lloyd's List.

"La situation est certes meilleure qu'en mars et avril, mais tant que nous n'aurons pas conclu un accord substantiel (...) elle restera très, très instable", a-t-il ajouté. La plupart des navires ayant traversé le détroit depuis mercredi ont soit coupé leur transpondeur, soit emprunté la route nord passant par les eaux iraniennes, dont l'utilisation nécessite l'autorisation de Téhéran.

La route sud passant par les eaux omanaises, empruntée ces dernières semaines par des navires sans lien avec l'Iran, est en revanche largement délaissée depuis mercredi. Aucun navire n'avait emprunté cet itinéraire jeudi, selon les trajectoires visibles sur le site MarineTraffic.

Le site ne recense toutefois que les navires naviguant avec leur transpondeur activé, ce qui signifie que d'autres ont pu traverser le détroit en coupant leur signal. Selon les analystes d'AXSMarine, 689 navires marchands se trouvaient jeudi à l'ouest du détroit d'Ormuz, contre 1.061 au début du mois de mars.