Invité de la Grande Interview Europe 1-CNEWS, ce lundi 29 juin, Karim Bouamrane a appelé à mieux protéger les enfants victimes de violences. Le maire de Saint-Ouen plaide pour une meilleure prise en compte de leur parole, davantage de moyens pour la justice et l’application d’un "principe de précaution" dès qu’un doute existe autour d’un adulte en contact avec des mineurs.
Karim Bouamrane veut faire de la parole de l’enfant une priorité absolue. Invité de la Grande Interview Europe 1-CNEWS, ce lundi 29 juin, le maire de Saint-Ouen est revenu sur les dysfonctionnements de la justice et de la protection de l’enfance, dans un contexte marqué par plusieurs affaires dramatiques ayant bouleversé l’opinion publique. Interrogé sur les réponses à apporter après ces drames, Karim Bouamrane a d’abord refusé les "petites phrases", préférant appeler à "un travail de fond avec la justice".
Selon lui, les magistrats sont aujourd’hui confrontés à une pression considérable, avec une crainte permanente de passer à côté d’un dossier grave. "Quand vous voyez les magistrats aujourd’hui, la hantise d’un magistrat, c’est de se dire, avec la pile de dossiers : est-ce que je ne tombe pas sur une affaire Lyhanna ?", a-t-il déclaré au micro de Laurence Ferrari.
"On ne prend pas en compte la parole de l’enfant" Le maire de Saint-Ouen a notamment pointé le manque de greffiers, le manque de moyens dans les parquets et le nombre d’affaires pouvant être classées sans suite malgré les efforts de la police et de la justice.
"On ne prend pas en compte la parole de l’enfant"
Mais pour Karim Bouamrane, la question des moyens ne suffit pas. Il estime qu’un autre chantier est tout aussi essentiel : mieux écouter les enfants. "Il faut sanctuariser la parole de l’enfant", a-t-il martelé. Selon lui, la société française a trop longtemps minimisé ou mis à distance les paroles des plus jeunes, au risque de laisser certains prédateurs agir. "On ne prend pas en compte la parole de l’enfant", a-t-il regretté.
Karim Bouamrane appelle ainsi à apprendre aux parents à mieux entendre cette parole, mais aussi à sortir de vieux réflexes consistant à considérer qu’un enfant "divague" ou exagère. "Non, il faut sanctuariser la parole de l’enfant, il faut donner aux parents la possibilité de comprendre la parole de l’enfant", a-t-il insisté.
Le maire de Saint-Ouen défend également l’application d’un "principe de précaution" dans toutes les structures où des adultes sont en contact avec des mineurs.