Le plan d'évacuation du détroit d'Ormuz, qui doit permettre de faire sortir quelque 11.000 marins bloqués dans le Golfe, a été suspendu jeudi après une attaque visant un navire qui avait emprunté ce passage, a annoncé l'Organisation maritime internationale (OMI).
"J'ai décidé de suspendre temporairement sa mise en oeuvre afin de reconfirmer que les garanties de sécurité nécessaires restent en place pour les navires figurant sur notre liste d'évacuation ainsi que pour tous ceux se trouvant dans la région", a déclaré le secrétaire général de cette agence de l'ONU, Arsenio Dominguez.
Le navire qui a été attaqué dans le golfe d'Oman n'avait "pas transité dans le cadre du dispositif d'évacuation de l'OMI", qui a débuté mardi soir, a-t-il toutefois précisé, cité dans un communiqué.
Un projectile d'origine inconnue a endommagé un cargo dans le détroit d'Ormuz, avait rapporté plus tôt l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO. L'incident s'est produit à 7,5 milles nautiques (14 kilomètres) au sud-est de Dahit, localité située sur la péninsule omanaise de Musandam.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a réitéré jeudi le refus de Washington d'une mise en place de péages dans le détroit d'Ormuz, en affirmant qu'elle pourrait engendrer un "chaos total".
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont mis en garde jeudi contre toute traversée du détroit d'Ormuz sans leur autorisation et menacé les navires ne s'y conformant pas de "mesures appropriées".
L'avenir du détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce et de facto verrouillé par l'Iran pendant la guerre, reste un contentieux dans les pourparlers entre Téhéran et Washington.
L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, tandis que les Etats-Unis s'y opposent arguant qu'il s'agit d'une "voie navigable internationale", bien que les eaux du détroit bordent les côtes iraniennes et celles du sultanat d'Oman.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les États-Unis et Israël.
Esmaïl Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.
Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.
Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.
Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).