Les vols au départ des aéroports de l'ouest de l'Iran ont été annulés, après la menace de Téhéran de frapper Israël en réponse à son bombardement de la banlieue sud de Beyrouth, a annoncé dimanche la télévision d'Etat iranienne.
"Les vols au départ des aéroports de l'ouest du pays ont été annulés jusqu'à nouvel ordre", a rapporté ce média.
Le chef de l'ONU Antonio Guterres a condamné dimanche les frappes israéliennes au Liban survenues plus tôt et exhorté "toutes les parties à faire preuve d'un maximum de retenue en ce moment crucial" de négociations entre Etats-Unis et Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
"Je condamne fermement les frappes israéliennes menées aujourd'hui sur Beyrouth. Ces frappes ont eu lieu en dépit du cessez-le-feu et à un moment où les États-Unis et la République islamique d'Iran devraient parvenir à un accord ouvrant la voie à un règlement pacifique de ce conflit", a déclaré le secrétaire général dans un communiqué, disant espérer "vivement que les efforts actuellement déployés (...) aboutiront à un résultat positif".
Le Conseil suprême de sécurité nationale, plus haute instance de sécurité en Iran, a averti d'une réponse "imminente" au raid israélien mené plus tôt sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien.
"La réponse des combattants de l’islam est imminente (...) Le Liban est notre vie et la violation des lignes rouges de la République islamique ne sera pas tolérée", a affirmé sur X Mohammad-Bagher Zolghadr, secrétaire du Conseil.
Auprès du média Axios, le président américain Donald Trump a soutenu qu'un accord avec le régime iranien allait être signé "dans quelques heures".
Il assure également que la ratification de cet accord a été retardé par Israël, qui a lourdement frappé la banlieue sud de Beyrouth ce dimanche.
"Ça a tout chamboulé. Ça a retardé la signature de quelques heures. Ça devait avoir lieu maintenant. C'est désormais prévu dans quelques heures", a-t-il déclaré lors d'un appel téléphonique avec un journaliste d'Axios.
Donald Trump n'a pas caché sa frustration à l'égard du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu'il a dit avoir réprimandé. "J'étais furieux. Il n'a aucun putain de jugement. Je le lui ai fait savoir", a-t-il indiqué.
Le Conseil suprême de sécurité nationale soutient la "voie du dialogue" avec les Etats-Unis, a assuré dimanche le président iranien Massoud Pezeshkian, après des critiques dans les rangs ultra-conservateurs visant l'équipe de négociateurs iraniens.
Le Conseil, plus haute instance de sécurité d'Iran, "a conclu que la voie du dialogue devait être poursuivie", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec des médias, relayée par le site de la présidence. Le Conseil prend les "décisions concernant la guerre et les négociations", a-t-il ajouté.
"L'attaque de ce matin sur Beyrouth n'aurait jamais dû se produire, en particulier en ce jour spécial où nous sommes si proches d'un accord de paix avec l'Iran", a déclaré le président américain Donald Trump dans une publication sur son réseau social Truth Social.
Il estime toutefois qu'"Israël a le droit de se défendre contre les menaces", et qu'il s'agissait d'une "attaque très petite et insignifiante" qui "ne devrait pas perturber ce processus important" de négociations.
"Nous sommes très proches d'un accord qui apportera la paix dans la région, y compris au Liban, et toutes les parties doivent cesser toute agression. Il ne devrait plus y avoir d'attaques israéliennes au Liban, ni d'attaques d'aucune autre partie, y compris le Hezbollah, contre Israël", a-t-il ajouté avec fermeté.
Donald Trump assure également que cet accord pourrait "être le début d'une paix longue et fructueuse". Avant de conclure : "ne gâchons pas cette opportunité".
L'armée israélienne a dit se préparer à une attaque "potentielle" vers son territoire, selon un communiqué militaire.
"A la suite de la frappe menée par Tsahal à Beyrouth, le chef d'état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, tient des évaluations de situation continues avec l'ensemble des commandants concernés", affirme ce communiqué, précisant que l'armée "se prépare à une potentielle attaque en direction du territoire israélien dans les prochaines heures".
Le principal négociateur iranien a accusé les Etats-Unis de ne pas respecter leurs engagements après des frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth qui risquent de compromettre, selon lui, les pourparlers entre Téhéran et Washington.
"Si vous n'avez ni la volonté ni la capacité de tenir vos engagements, il est inutile de parler de poursuivre dans cette voie", a ajouté sur X le président du Parlement iranien, en référence aux pourparlers en cours.
Trois personnes ont été tuées, selon la défense civile libanaise, dans une frappe israélienne sur un quartier de la banlieue sud de Beyrouth où Israël dit avoir visé le Hezbollah.
Trois corps ont été dégagés des décombres, tandis que "six blessés" ont été hospitalisés à la suite de la frappe à Ghobeiry, dans ce fief du mouvement pro-iranien, a précisé la défense civile dans un communiqué.
Plus tôt dimanche, Israël avait indiqué avoir mené un bombardement "avec précision" sur les faubourgs sud de la capitale libanaise, en représailles à des tirs du Hezbollah sur le nord de son territoire.
Une délégation du Qatar, pays médiateur avec le Pakistan entre l'Iran et les Etats-Unis, est arrivée dimanche à Téhéran dans le cadre des pourparlers pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, selon les médias iraniens.
D'après l'agence Isna, un conseiller du ministre des Affaires étrangères du Qatar a été dépêché en Iran. Cette visite est destinée à "examiner les derniers développements liés au processus diplomatique", selon Tasnim, une autre agence iranienne.
Donald Trump a affirmé que les États-Unis signeraient dimanche un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et prévoyant la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, une date non confirmée à ce stade par Téhéran.
A l'issue d'une semaine marquée par de nouvelles attaques entre la République islamique d'une part et les États-Unis et Israël d'autre part, faisant craindre un nouvel embrasement régional, les deux pays ont indiqué avoir réalisé d'importants progrès vers un compromis.
Mais les informations qui ont fuité de part et d'autre sur ce possible accord initial -qui ouvrirait la voie à des négociations sur les détails techniques très contestés- présentent encore des divergences, tandis que le calendrier même reste incertain.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue le rôle de médiateur dans ce conflit, a indiqué samedi sur X s'attendre à la "finalisation" de cet accord "dans les prochaines 24 heures", et se préparer à sa "signature électronique" (sans préciser ce que cela signifiait) avant des "discussions techniques" la semaine prochaine.
Sous pression dans son pays pour sortir d'un conflit impopulaire, Donald Trump sera aussi confronté dans les jours à venir aux dirigeants des grandes puissances, certains n'ayant pas caché leur mécontentement de subir les conséquences d'une intervention militaire à laquelle ils n'ont pas été associés.
Le milliardaire républicain doit participer de lundi à mercredi à un sommet du G7 en France qui s'annonce largement dominé par le conflit déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février.
Depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril, Washington et Téhéran cherchent un accord mais les négociations se sont heurtées sur de nombreux points d'achoppement: programme nucléaire iranien, contrôle du détroit d'Ormuz (crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures ou d'engrais agricoles), levée des sanctions visant Téhéran ou encore inclusion éventuelle du Liban, confronté à une offensive militaire israélienne massive.
Selon le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le texte discuté prévoit la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz, contrôlé par Téhéran depuis le début de la guerre, ce qui a fait flamber les prix du pétrole.
L'agence de presse iranienne Mehr avait publié vendredi un texte présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, remplissant une série de conditions iraniennes, dont le droit à l'enrichissement d'uranium et le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger, demande clé de la République islamique asphyxiée économiquement par les sanctions.
Selon Donald Trump samedi, les Iraniens, qui démentent vouloir se doter de l'arme atomique comme les en accusent les Etats-Unis et Israël, "ne veulent plus d'arme nucléaire". Les Etats-Unis iront "quand tout sera calme (...) récupérer la poussière nucléaire, enfouie profondément" dans les montagnes afin de la diluer et de la détruire "en Iran ou aux États-Unis", a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie iranienne avait préconisé la veille une dilution en Iran des stocks d'uranium enrichi à 60%. Les diluer à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe atomique, éloignerait considérablement la menace d'un programme nucléaire à des fins militaires.
Concernant le Liban, autre volet majeur, un haut responsable américain a indiqué vendredi qu'il était bien inclus dans l'accord en discussion, comme réclamé par Téhéran. Washington avait auparavant dit vouloir dissocier ce dossier.
Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne son voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite, qui cible lui ses positions et son territoire.
L'armée israélienne a indiqué samedi avoir frappé en 24 heures "plus de 70 sites" liés selon elle au Hezbollah. Les frappes israéliennes ont fait plus de 3.700 morts depuis début mars, selon Beyrouth.