Un vice-procureur de Bobigny, chargé de la lutte contre les stupéfiants, a été reconnu consommateur de drogues de synthèse depuis 2019. Malgré des dysfonctionnements professionnels, il n’a pas été révoqué mais rétrogradé, décision validée par l’autorité disciplinaire.
Un magistrat du parquet de Bobigny pris la main dans le sac. Ce vice-procureur en charge de la lutte contre les stupéfiants consommait lui-même des drogues de synthèse. Mais cela ne lui a pas fait perdre son poste. Il vient seulement d'être rétrogradé après un avis disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature validé par le garde des Sceaux.
500 euros par mois de consommation
En 2019, le vice-procureur a commencé à consommer des stupéfiants, essentiellement de la méthamphétamine et du GHB, une drogue de synthèse aux effets anesthésiants. Des dépenses importantes, puisqu'il consacrait environ 500 euros par mois à l'achat de drogues.
Son fournisseur ? Un dealer de Seine-Saint-Denis relevant de son ressort judiciaire. Un narcotrafiquant condamné l'an dernier à 18 mois de prison avec sursis pour trafic de stupéfiants.
Entendu dans une affaire de chemsex
Après plusieurs années de consommation, les collègues du magistrat remarquent un changement de comportement, notamment des retards au travail et des dossiers qui s'accumulent. Pire encore, il ne se présente pas à un procès d'assises au cours duquel il devait requérir.
En 2024, il est même entendu dans une affaire de chemsex qui a fait un mort. Le vice-procureur est auditionné car il est soupçonné d'avoir hébergé, ce soir-là, l'un des participants à la soirée.
Laissé libre, il est finalement rétrogradé sur avis du Conseil supérieur de la magistrature, un avis validé par le garde des Sceaux. Pas de révocation donc, mais une simple mutation. Le magistrat exerce aujourd'hui dans un autre parquet.