Cinq mois après l'incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana en Suisse, qui avait fait 41 morts et 115 blessés, les propriétaires français sont entendus par les procureurs en charge du dossier, ce vendredi. Les avocats des différentes parties sont présents et peuvent également interroger Jacques et Jessica Moretti.
Ce vendredi 5 juin marque une nouvelle étape dans l'affaire de l'incendie de Crans-Montana. Pour la première fois, les époux Moretti, propriétaires du bar Le Constellation, où a eu lieu l'incendie qui a fait 41 morts et 115 blessés le 1er janvier dernier, étaient entendus ensemble par la justice suisse, à Sion.
Une audition, à laquelle les journalistes ne peuvent assister, sous la forme d'une confrontation où étaient présents les avocats des familles de victimes.
Des questions en suspens
Selon certains participants, les époux Moretti n'ont pour l'instant pas été très éloquents. Bombardés de questions toute la journée par les trois procureurs en charge de ce dossier, Jessica et Jacques Moretti sont restés très évasifs, très peu précis, notamment sur les circonstances de l'incendie, sur leur éventuelle responsabilité ou bien sur les travaux qui ont été effectués dans le bar.
Leur attitude a même choqué Laetitia Brodard-Sitre, qui a perdu son fils de 19 ans dans l'incendie. "Ils parlent en victime. Ils se renvoient la balle entre 'Monsieur ne sait rien de ce qui s'est fait administrativement, Madame ne sait rien de ce qui s'est fait sur le chantier, sur les travaux'. En tout cas, ils ne sont absolument pas responsables. C'est de toute manière la faute de quelqu'un, d'un employé. Quand la procureure générale pose une question, ils ne savent pas. Il y a beaucoup de trous de mémoire. Et quand il n'y a pas de trous de mémoire, ils sont très précis sur ce qui les arrange", fustige-t-elle.
L'audition, qui est toujours en cours ce vendredi soir, permet aux procureurs de balayer tous les aspects du dossier et de mettre au jour de nouvelles informations. En tout début d'audience, Jessica Moretti s'est vu signifier son inculpation pour production d'un faux document. Il s'agit de la facture d'achat de la mousse anti-incendie, à l'origine de l'incendie, et qui n'aurait pas dû être posée dans un bar.