L'armée israélienne a annoncé jeudi que l'un de ses soldats avait été tué dans le sud du Liban, sa première perte depuis l'annonce mercredi d'un nouvel accord de cessez-le-feu.
Le capitaine Eitan Shmuel Lemberg, 21 ans, "est tombé au combat", a indiqué l'armée dans un bref communiqué. Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un missile tiré par le Hezbollah en direction d'un char israélien.
Vladimir Poutine a jugé jeudi que l'attention des Etats-Unis s'était détournée de la guerre en Ukraine depuis le début du conflit lancé par Washington contre l'Iran.
"Il est clair que l'administration américaine est contrainte de déplacer son attention et de traiter cette question avant toutes les autres", a déclaré le président russe à des responsables d'agences de presse internationales, dont l'AFP, à Saint-Pétersbourg (nord-ouest).
Les Etats-Unis ont condamné jeudi "les attaques scandaleuses et inacceptables" imputées à l'Iran ayant visé l'aéroport du Koweït, qui ont fait un mort et une soixantaine de blessés.
Le secrétaire d'Etat Marco Rubio "a condamné les attaques scandaleuses et inacceptables menées par l'Iran contre l'aéroport international du Koweït et d'autres régions du pays", selon un communiqué de son porte-parole publié quelques heures après une rencontre à Washington entre M. Rubio et son homologue koweiti.
L'armée libanaise va commencer à se déployer "dans des zones pilotes" du sud du pays, a annoncé jeudi le Premier ministre Nawaf Salam, au lendemain de l'annonce d'un accord de cessez-le-feu entre le Liban et Israël à Washington.
Cet accord, rejeté par le Hezbollah, mentionne la mise en place de ces zones contrôlées exclusivement par l'armée après le retrait israélien de parties du sud du Liban.
Il s'agit d'une "première étape (...) concrète et tangible" qui "ne porte pas préjudice à notre droit à un retrait (israélien) total", a déclaré le Premier ministre, cité par le porte-parole du gouvernment.
Le Hezbollah a informé les autorités libanaises de son refus de l'accord de cessez-le-feu annoncé à Washington entre le Liban et Israël, a indiqué jeudi à l'AFP un responsable de la formation pro-iranienne qui a requis l'anonymat.
Cette position, annoncée auparavant par le chef du Hezbollah Naïm Qassem jeudi, a été transmise "au président du Parlement Nabih Berri", allié de la formation chiite, qui "partage la même position", a ajouté le responsable.
Le président libanais Joseph Aoun avait dit plus tôt attendre la réponse du mouvement sur cet accord, qui prévoit un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah, pour la transmettre aux Etats-Unis.
Emmanuel Macron a déclaré jeudi que la France "soutenait" un cessez-le-feu au Liban, après l'annonce d'un accord à Washington, et qu'elle se tenait "à disposition pour avancer sur ce chemin" au sein du mécanisme de coordination mis en place avec les Etats-Unis.
"Nous soutenons le cessez-le-feu entre le Liban et Israël et tout ce qui permet de restaurer la paix, de lutter contre les activités terroristes et de pleinement établir la souveraineté, l'intégrité territoriale du Liban", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au Monténégro.
"La France se tient évidemment, comme nous l'avons toujours fait, à disposition pour avancer sur ce chemin. Il y a un mécanisme de coordination qui a été mis en place, où les Etats Unis et la France sont ensemble. Si le cessez-le-feu est sérieux, c'est ce mécanisme qu'il faut réactiver pour pouvoir faire le suivi et vérifier sa mise en oeuvre", a-t-il ajouté.
Donald Trump a critiqué jeudi le texte ordonnant le retrait des troupes américaines dans la guerre contre l'Iran, approuvé la veille par les députés, laissant entendre que cette initiative "antipatriotique" perturbait les négociations avec Téhéran.
"Qui ferait quelque chose d'aussi antipatriotique. Ils savent bien où en sont les négociations", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
La résolution - adoptée avec les voix de quatre députés républicains - possède cependant une portée avant tout symbolique, en raison du droit de veto du président américain.
Les démocrates "préfèreraient voir notre pays échouer plutôt que de m'accorder une nouvelle, parmi tant d'autres, victoire", a encore dénoncé le milliardaire américain.
Si la loi permet au président de déclencher des hostilités pour répondre à une menace imminente, elle exige qu'il obtienne l'autorisation du Congrès sous 60 jours.
Or, début mai, Donald Trump est passé outre cette date limite en arguant que le conflit, débuté le 28 février par des frappes américaines et israéliennes, était terminé en raison du cessez-le-feu en cours.
Les démocrates contestent cet argument et rétorquent que des forces américaines sont toujours engagées sur place pour faire respecter un blocus des ports iraniens.
Le Hezbollah réclame un "cessez-le-feu global" au Liban et le retrait israélien du pays, a affirmé jeudi son chef, Naïm Qassem, appelant les autorités libanaises à "arrêter la mascarade" des négociations avec Israël au lendemain de l'annonce d'un accord à Washington.
Le président libanais Joseph Aoun avait indiqué attendre la réponse du mouvement sur cet accord, prévoyant un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah, pour la transmettre aux Etats-Unis.
"Le cessez-le-feu doit être global (..) et sans liberté de tuer pour l'ennemi au Liban", a dit cheikh Qassem dans un message diffusé par la chaîne de son parti, soulignant qu'il n'y aurait pas de sécurité pour le nord d'Israël sans sécurité pour les villages du sud du Liban.
L'accord annoncé à Washington après des négociations israélo-libanaises constitue "la dernière chance pour parvenir à un cessez-le-feu global et définitif", avec Israël, a affirmé jeudi le président libanais Joseph Aoun, ajoutant attendre "la réponse" du Hezbollah pro-iranien.
Le chef de l'Etat a dit qu'il transmettrait la réponse du groupe aux Etats-Unis, dont le président sera "le garant" de l'application de cet accord pour un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah.
"Chaque partie doit assumer la responsabilité si elle ne répond pas favorablement", a-t-il ajouté, alors qu'un message du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, est prévu 15h00 GMT.
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont exigé jeudi le retrait de l'armée israélienne du Liban, où elle mène dans le sud une opération au sol contre le Hezbollah, soutenu par Téhéran.
"Soutenir la résistance au Liban est le devoir de chacun d'entre nous, et chasser Israël de la région est un objectif atteignable pour les musulmans", a écrit le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens.
"La revendication minimale de la résistance est le retrait du régime usurpateur (Israël, NDLR) et son retour aux positions qu'il occupait avant le début de la guerre" contre l'Iran fin février, a ajouté M. Qaani. Malgré un cessez-le-feu en novembre 2024 dans un précédent conflit, l'armée israélienne maintenait alors cinq positions dans cette région.
Le casque bleu tué dans le sud du Liban était serbe, a annoncé jeudi le ministère serbe de la Défense, précisant qu'il est mort "des suites de blessures causées par la chute d'un missile sur la base de l'ONU".
Né en 1989 le sergent-chef Milovan Jovanovic "a reçu des soins médicaux d'urgence dans un hôpital à l'intérieur de la base après avoir été blessé, puis a été transporté par hélicoptère au Centre médical universitaire de Beyrouth, où il est décédé vers 4h00 heures locales", ajoute le communiqué.
Un Casque bleu a été tué et deux autres blessés dans le sud du Liban où des tirs de mortier ont atteint leur base, a annoncé jeudi la force de maintien de la paix de l'ONU.
Dans un communiqué, la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a précisé que l'attaque s'était produite tard mercredi soir. Une source de sécurité a indiqué à l'AFP que les tirs avaient atteint la base de la Finul à Ibl al-Saqi.
Le guide suprême Mojtaba Khamenei a accusé jeudi dans une déclaration écrite les Etats-Unis et Israël de chercher à "diviser" la nation iranienne, après avoir subi un "revers cuisant" dans la guerre déclenchée contre son pays.
"Leur principal outil", pour affaiblir l'Iran, "est de semer les graines du doute, du désespoir, de la peur, de la méfiance et de la division", écrit dans un texte lu en public Mojtaba Khamenei, ajoutant que "l'ennemi malveillant" avait subi un "revers cuisant sur le champ de bataille".
Ces propos ont été lus au mausolée de l'ayatollah Khomeini à Téhéran, à l'occasion du 37e anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique.
Sans attendre un éventuel accord, la résolution votée par la Chambre des représentants ordonne un retrait des troupes américaines engagées depuis fin février contre la République islamique. Elle n'a qu'une portée symbolique en raison du droit du veto du président américain. Mais son adoption, avec quatre voix d'élus républicains, confirme le mécontentement suscité aux Etats-Unis par un conflit qui a fait grimper les prix de l'énergie.
Israël et le Liban sont convenus mercredi, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington, de conditionner un cessez-le-feu à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et de créer des "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise. Ce développement intervient après de nouvelles frappes israéliennes qui ont fait au moins 10 morts mercredi au Liban et après de nouveaux tirs revendiqués par le Hezbollah contre Israël, qui a menacé de frapper la banlieue sud de Beyrouth en cas d'attaque contre son territoire.
Donald Trump a jugé mercredi possible que les discussions avec l'Iran aboutissent ce week-end, malgré la reprise des attaques dans le Golfe et le camouflet infligé par les députés américains qui ont voté en faveur de la fin de guerre. Une déclaration du guide suprême iranien Mojtaba Khamenei est attendue jeudi, au moment où les négociations entre Washington et Téhéran patinent en dépit de la confiance affichée par le président américain.