Lancée il y a quatre ans à Montpellier, la start-up Thia Santé Mentale développe une approche innovante pour améliorer l'accès aux soins psychiatriques et répondre à un enjeu majeur de santé publique. Dans "La France bouge", l'un de ses fondateurs souligne l'explosion de la demande en entreprise.
Invité de "La France bouge" ce mardi 2 juin, le psychiatre Yann Quintilla a fondé en 2022 la start-up montpelliéraine Thia Santé Mentale, qui propose un ensemble de "solutions digitales et numériques" (protocoles cliniques, outils numériques ...) pour rendre les soins psychiatriques plus accessibles et mieux coordonnés.
Si elle s'adresse d'abord aux professionnels de santé, la start-up cible également depuis 2024 les entreprises, qui prennent davantage en considération la santé mentale de leurs employés. Yann Quintilla constate de plus en plus de demandes de ce type de clients.
Combler le vide de la prévention secondaire
C'est notamment depuis "les drames qui ont eu lieu chez Orange, il y a maintenant plus d'une dizaine d'années", qu'il y a eu "une vraie prise de conscience", souligne Yann Quintilla. Un phénomène que confirment les statistiques : "les employés attendent de leur employeur une aide pour la prise en charge de leur santé mentale".
Si aujourd'hui beaucoup de solutions de prévention existent, il y a un réel besoin concernant la prévention secondaire, c'est-à-dire la prise en charge de personnes déjà en souffrance", relate Yann Quintilla au micro de La France bouge, évoquant l'explosion des burn-out en entreprise.
Pour ça, "il n'y a pas de solution qui existe sur le marché. On est la seule solution. Et donc, on travaille avec eux pour prendre en charge ces personnes qui sont malades, mais qui n'arrivent pas à accéder aux soins", explique-t-il. "Et s'il y a des arrêts, on peut aussi prendre en charge ces personnes-là pour les accompagner dans un retour en entreprise", ajoute-t-il.
Explosion de la demande
Ces cas de demandes de la part de DRH ou de patrons d'entreprise ont explosé ces dernières années, constate Yann Quintilla. "C'est multifactoriel. Ça explose parce qu'il y a une prise de conscience, ça explose parce qu'il y a des demandes des salariés...", énumère-t-il.
Mais l'évolution du marché du travail, "en lien avec les problématiques de recrutement", joue aussi un rôle. "Les employeurs veulent garder leur talent et ne veulent pas qu'ils s'épuisent, qu'ils s'arrêtent et qu'ils partent. Et donc, investir dans la santé mentale de leurs talents, ça permet de les garder au sein de l'entreprise", explique le psychiatre.