Plusieurs semaines après les conclusions de la commission d’enquête sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public, son rapporteur, Charles Alloncle saisit la justice pour une affaire remontant à 2009. Il accuse la direction de France Télévisions d’avoir étouffé des faits de harcèlement et d’agressions sexuelles qui n'ont jamais été punis.
Il y a 17 ans, une employée de France Télévisions assiste, au cours d’un tournage, à des gestes déplacés, des faits de harcèlement et des agressions sexuelles visant plusieurs personnes présentes dans le public d’une émission diffusée sur France 3. Rapidement, cette assistante de production, alors enceinte, remonte les faits à sa hiérarchie, mais aucune sanction n'est décidée envers les mis en cause.
En revanche, après un simple rappel à l’ordre, ses contrats ne sont pas renouvelés. Dans les mois qui suivent, un protocole d’accord incluant une clause de confidentialité, est signé contre plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Après un simple rappel à l’ordre, ses contrats ne sont pas renouvelés
La négociation est menée, selon Charles Alloncle, sous l'autorité de Martin Ajdari, ancien secrétaire général du groupe France Télévisions et actuel patron de l’Arcom. Au lendemain d’une commission d’enquête qui a ciblé les dysfonctionnements de France Télévisions, le député UDR dénonce "de l’argent public utilisé pour faire taire une personne dont le discours gêne".
Si le président du gendarme de l'audiovisuel, interrogé sur le sujet en audition, évoque de "lointains souvenirs", son entourage rappelle qu'il n'a pris ses fonctions qu'après les faits, et affirme qu'aucun fait d'agression ou de harcèlement sexuel n'avait été porté à sa connaissance dans cette affaire.
Toujours est-il que pour le rapporteur de la commission, le scandale reste d’actualité, même 17 ans plus tard. Selon lui, les personnes dénoncées travaillent encore aujourd’hui au sein des équipes de France Télévisions. "Elles sont connues comme le loup blanc", souffle d'ailleurs une source proche du dossier.