Alors que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, s'est montré très optimiste ce mardi sur les chiffres du trafic de drogue, le narcobanditisme est en réalité plus difficilement traçable, ayant trouvé le moyen d'être plus discret.
"Le trafic de drogue n'est pas une fatalité". À en croire Laurent Nuñez, il serait même en train de "reculer". En effet, le ministre de l'Intérieur a assuré mardi 19 mai sur BFMTV-RMC que l'Etat gagnait des batailles contre les dealers.
Mais la guerre est loin d'être remportée car, en réalité, le trafic est toujours à un haut niveau. Seulement, il est moins visible qu'avant.
Mutation des pratiques
Le trafic de drogue s'est fortement numérisé. En clair, d'un côté, le nombre de points de deal a considérablement baissé. Selon les informations d'Europe 1, il en était recensé 4.000 en 2020 sur le territoire. 2.600 en fin d’année dernière, soit 35% de moins.
Mais d'un autre côté, depuis la crise du Covid-19, les plateformes en ligne ont explosé. Les messageries cryptées, couplées à des stratégies marketing puissantes, permettent aux dealers de vendre en toute discrétion. Les transactions sont moins présentes au pied des cités, grâce à la livraison à domicile, à l'envoi de colis postaux et aux règlements par cryptomonnaies.
Enfin, les lieux de stockage de la drogue se sont diversifiés pour ne pas attirer l'attention. Les nourrices s'installent en périphérie des centres urbains, dans les zones pavillonnaires, moins denses, parfois même dans les campagnes.
Le trafic n'a donc pas structurellement baissé. Pour preuve, aucune tension n'est observée sur la disponibilité des produits et les prix, notamment de la cocaïne, sont plutôt à la baisse. Signe que les stocks sont pleins, malgré la hausse réelle des saisies par les services répressifs.