Au micro de Laurence Ferrari ce mardi, Gérald Darmanin a dénoncé la lenteur de la justice en matière de protection de l'enfance. Il milite en faveur de la création d'un "principe de précaution" afin de protéger les enfants en cas de dénonciations ou même de soupçons d'inceste.
Comment mieux protéger nos enfants ? Alors qu'une commission d'enquête parlementaire se penche sur le sort que réserve la justice aux enfants qui dénoncent des crimes d'inceste, Gérald Darmanin, invité de "La Grande interview" sur CNews et Europe 1 s'est exprimé sur la question. Et pour le garde des Sceaux, "la justice est trop lente" en la matière.
Gérald Darmanin plaide ainsi pour instaurer "un principe de précaution" dès lors que des "dénonciations" ou même des "soupçons" d'inceste existent. Car outre la lenteur de la justice, l'ancien ministre de l'Intérieur regrette également certaines décisions prises dans ces affaires. "Parfois, la justice condamne les mères qui ne rendent pas les enfants à leur père lorsqu'il y a une garde alternée par exemple. On les condamne pénalement alors qu'elles essaient de protéger leurs enfants", regrette-t-il.
"Mettre fin au déni" de l'inceste
"Nous livrons malheureusement des enfants à leurs bourreaux, par notre mauvaise organisation, par notre naïveté. Nous ne faisons pas confiance à la parole de cet enfant : c'est une honte qui ne touche pas que la justice mais toute la société."
Le garde des Sceaux souhaite également que les crimes sur mineurs deviennent imprescriptibles, comme c'est déjà le cas pour les crimes contre l'humanité. "On tue l'humanité d'un enfant, d'un adulte plus tard, lorsqu'il a été violé par ceux qui sont censés le protéger par ailleurs. Il faut mettre fin à ce déni", a-t-il conclu au micro de Laurence Ferrari.