Aux Etats-Unis, il est possible d'ouvrir les portes de son compte bancaire à ChatGPT. Il devient alors un véritable conseiller bancaire. Une fonctionnalité qui laissent beaucoup de questions sans réponses, notamment la sécurité et l'utilisation des données.
Remplacer son conseiller bancaire par ChatGPT ? L'intelligence artificielle s'infiltre de plus en plus loin dans la vie privée de ses utilisateurs. Et désormais, il est possible de lui ouvrir en grand les portes de nos comptes bancaires.
12.000 établissements bancaires compatibles
C'est en avril dernier, lorsque la firme de Sam Altman a racheté à bas bruit Hiro Finance, une start-up de planification financière, qu'OpenAI met un pied dans la gestion financière. Et quelques semaines plus tard, un nouveau service fait donc son apparition pour les utilisateurs Pro de ChatGPT américains.
Ces utilisateurs payants peuvent désormais, via Plaid (un service qui permet de connecter un compte bancaire à différents services financiers), "brancher" directement ChatGPT à leur compte bancaire. Quelque 12.000 établissements bancaires sont compatibles.
Historique des paiements, abonnements, transactions, changement d'habitude... L'IA génère un véritable tableau de bord des entrées et des sorties du compte bancaire associé. Via le chatbot habituel, elle peut également répondre à des questions, et proposer des optimisations. Pour l'heure, ChatGPT ne peut pas faire d'opérations de manière autonome, et OpenAI promet que les données sont supprimées de ses serveurs au bout de 30 jours, une fois le compte déconnecté du service.
Mais, comme le pointe Les Numériques, de nombreuses zones d'ombre existent autour de cette fonctionnalité : quid de la sécurité des données en cas d'attaque informatique, de l'usage des données par OpenAI... De nombreuses réponses restent pour l'instant sans réponse.
Bientôt disponible en France ?
Et si pour l'instant ce conseiller bancaire qui ne dort jamais et qui n'est pas payé à la commission est disponible uniquement aux États-Unis pour 200 dollars par mois, peut-il débarquer sur le Vieux Continent et en France ? La chose est plus complexe qu'il n'y paraît.
Comme le détaille Clubic.com, l'Europe impose un agrément spécifique pour chaque pays afin d'accéder aux données bancaires d'un utilisateur. En France, c'est l'ACPR, le gendarme bancaire rattaché à la Banque de France qui s'en charge. Or Plaid, le partenaire technique d'OpenAI outre-Atlantique n'a qu'une licence pour le Royaume-Uni. Et si le Brexit a complexifiée la chose, le RGPD en remet une couche pour franchir les frontières de l'Hexagone.
Puisque si les données bancaires ne sont pas considérées comme sensibles en soi, elles le sont indirectement : les détails d'un compte révèlent en effet une visite chez le médecin, un don à un parti politique ou à une association etc. Sans oublier la question des données européennes qui finissent chez l'Oncle Sam...
Si ChatGPT a donc la technologie pour devenir conseiller bancaire en France, il n'en a pas (encore ?) l'autorisation. Et si la date de sortie de cette option en Europe n'a pas été communiquée, OpenAI compte bien "rendre accessible à tous" cette nouvelle fonctionnalité.