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Inceste parental : «La justice est défaillante», reconnaît Béatrice Brugère

Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat Unité Magistrats. [Europe 1]

Une commission d’enquête se penche actuellement sur le sort que la justice française réserve aux enfants qui dénoncent des crimes d’inceste et des violences sexuelles. Pour Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat Unité Magistrats, "la justice est défaillante" en la matière.

La justice face aux violences sexuelles. Depuis février, à l’Assemblée nationale, une commission d’enquête se penche sur la manière dont la justice traite l’inceste parental et la situation des parents protecteurs.

Chaque semaine, des dizaines de professionnels qui travaillent au contact des victimes d’inceste sont entendus. Concrètement, environ 160.000 enfants en France sont en danger. Face à cela, le système judiciaire, à bout de souffle, ne passe-t-il pas à côté de certains cas et ne protège-t-il pas ces enfants ?

"L'inceste est le crime absolu"

Pour Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat Unité Magistrats et invitée de La Grande Interview sur Europe 1 et CNEWS, cette commission est "d’une qualité incroyable" et "met le doigt sur un problème majeur, celui du traitement des plus faibles dans notre société et de la manière dont on peut les protéger".

Pour elle, "l’inceste est le crime absolu puisque ceux qui sont censés vous protéger sont ceux qui commettent le crime".

"Il faut revenir à un bon équilibre"

Selon Béatrice Brugère, en étant un "crime généalogique", il est très compliqué d’écouter la parole des enfants parce qu’on ne les croit pas. "Il y a eu une rupture avec l’affaire Outreau. On ne croyait plus les enfants après ce dossier. Il faut revenir à un bon équilibre", insiste-t-elle.

La secrétaire générale du syndicat Unité Magistrats aborde un autre point et admet que "la justice est défaillante" en la matière. Face à cela, des propositions ont été faites, comme "une ordonnance de sûreté". "Peut-être changer le système, avoir ce principe de précaution, avoir un juge unique pour gérer toutes ces problématiques, être beaucoup plus réactif. Il y a plein de pistes, il faut absolument avancer sur ce sujet", insiste-t-elle.