Raymond Domenech dénonce avec virulence le documentaire Netflix consacré au fiasco de Knysna 2010, qu'il juge "à charge" et "violent". Il affirme avoir été trahi dans l'usage de son journal intime et parle d'une atteinte profonde à son intégrité personnelle.
Dans un long message publié sur X, Raymond Domenech exprime sa colère après la diffusion du documentaire Netflix "Le Bus : les Bleus en grève", consacré à la crise de l’équipe de France au Mondial 2010 en Afrique du Sud.
— Raymond Domenech (@RaymondDomenech) May 14, 2026
L'ancien sélectionneur estime que le film, censé revenir avec recul sur cet épisode, est au contraire un "réquisitoire extrêmement violent" à son encontre.
Un documentaire jugé "totalement à charge"
Raymond Domenech affirme que le projet initial devait être un travail d'analyse et d'explication sur la crise de Knysna. Selon lui, le résultat final est tout autre : "un film totalement à charge et d'une partialité nauséabonde, cela résonne comme un viol de mon âme".
Il accuse la production de transformer ce travail en produit "sensationnaliste" destiné à "remuer la merde pour faire de l'audimat".
L'ancien sélectionneur assure avoir accepté de participer au documentaire sous condition d'un droit de regard sur le montage final. Il affirme que cet engagement n’a pas été respecté : "Nous avions décidé que je disposerais d'un droit de regard sur tout. Cela m'a été refusé in fine avec la plus grande malhonnêteté." Il assure se sentir "meurtri et trahi" par la production.
Le journal intime, point explosif du documentaire
Le documentaire repose en grande partie sur les écrits personnels tenus par Raymond Domenech pendant le Mondial. Selon la production, ces notes avaient été mises à disposition et avaient déjà servi de base à l'ouvrage Tout seul.
Ces documents livrent un regard brut sur les émotions du sélectionneur, marqué par la tension du groupe et la crise interne. On y retrouve notamment des passages très durs : "Envie de disparaître loin de tout", "montées de haine envers ces abrutis".
Pour Raymond Domenech, ces extraits ont été utilisés sans contextualisation suffisante. Il estime que ces notes privées "n'auraient jamais dû être publiées telles quelles", car elles ne reflètent ni son discours public ni sa personnalité. Il affirme également que ces écrits ne peuvent être compris qu'au regard de la pression extrême vécue durant la compétition.
Une réponse assumée de Netflix et de la production
De son côté, Netflix assure que le documentaire n'est ni un réquisitoire ni une tribune, mais une confrontation de récits. La production défend un travail fondé sur plusieurs témoignages, notamment ceux de joueurs comme Patrice Evra, William Gallas et Bacary Sagna.
Selon elle, le journal de Domenech illustre surtout un état de tension et de fragilité psychologique au cœur de la crise. D'après les producteurs, Domenech leur aurait revendu ce journal intime. Près de 16 ans après les faits, l'épisode de la grève des Bleus en Afrique du Sud reste un traumatisme majeur du football français.
La publication du documentaire ravive les tensions autour de ce moment où l'équipe de France avait boycotté un entraînement à Knysna, sous les yeux du monde entier. Cela faisait suite à l'exclusion de la sélection de Nicolas Anelka.