Trois personnes ont perdu la vie lundi 11 mai dans un incendie volontaire survenu dans un immeuble du quartier du Prainet, à Décines. Alors que les habitants vivent depuis plusieurs semaines dans un climat de violences liées au trafic de drogue, le procureur de Lyon estime qu'il est encore trop tôt pour relier formellement ce drame au narcotrafic.
À Décines, dans la banlieue lyonnaise, un incendie a fait trois victimes lundi 11 mai, dans un immeuble du quartier sensible du Prainet. Les habitants, excédés et apeurés, vivent depuis plusieurs semaines au rythme des tirs, des règlements de comptes et des feux d’appartement, sur fond de guerre de territoires liée au trafic de drogue.
Ce mardi 12 mai, Thierry Dran, procureur de Lyon, a tenu une conférence de presse pour faire le point sur l’enquête ouverte après ce drame. Selon lui, il est encore trop tôt pour établir un lien formel entre l’incendie et le narcotrafic.
Des détails supplémentaires sur le profil des victimes
Le procureur a appelé à la prudence, rappelant que l’enquête "ne fait que démarrer". Relier cet incendie aux règlements de comptes et aux multiples actes d’intimidation recensés ces dernières semaines dans le quartier, notamment plusieurs départs de feu dans des immeubles, serait prématuré, a-t-il affirmé, "même si cela reste bien évidemment une piste sérieuse".
Thierry Dran est également revenu sur le profil des victimes : un homme de 28 ans, qui a sauté du septième étage, ainsi qu’un autre homme de 28 ans et sa tante de 61 ans, qui résidaient au quatrième étage.
"Je tiens à vous préciser que ces trois victimes sont totalement inconnues des services de la justice. À ce stade des investigations, aucune hypothèse sur les raisons précises des faits n’est privilégiée. Il est donc impossible d’affirmer si une ou plusieurs personnes étaient visées par cet incendie", a détaillé le procureur.
Un incendie volontaire, confirme le procureur
L’élément confirmé par le parquet est le caractère volontaire de l’incendie. "Les premières investigations font état d’au moins un départ de feu à l’intérieur de l’immeuble. Le feu a nécessairement pris dans les parties communes, donc dans les escaliers. En revanche, il n’a pas encore été possible de déterminer avec précision à quel étage il s’est déclaré", a expliqué Thierry Dran.
Plusieurs dizaines d’enquêteurs travaillent sur ce dossier, désormais considéré comme prioritaire par le parquet de Lyon. La police scientifique poursuit actuellement ses constatations et prélèvements sur place. Aucune interpellation n’a toutefois eu lieu pour l’heure. Le couvre-feu restera en vigueur ce mardi dans le quartier, où une centaine de CRS seront de nouveau mobilisés.