Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé lundi que l'Iran était prêt à "donner une leçon" en cas d'agression, réagissant à des déclarations de Donald Trump sur la grande fragilité du cessez-le-feu.
"Nos forces armées sont prêtes à riposter et à donner une leçon" en cas d'agression, a écrit le président du Parlement iranien sur le réseau social X, en ajoutant: "nous sommes prêts à toute éventualité, ils seront surpris".
Le président américain Donald Trump a notamment déclaré lundi à la Maison Blanche que le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran était "sous assistance respiratoire".
Le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran est "sous assistance respiratoire", a estimé Donald Trump, alors que les deux camps ont jusqu'ici échoué à conclure à un accord pour mettre fin à la guerre.
"Le cessez-le-feu est sous assistance respiratoire massive, comme quand le docteur entre et dit : 'Monsieur, votre être cher a exactement un pour cent de chances de vivre'", a-t-il déclaré dans le Bureau ovale de la Maison Blanche.
Donald Trump a affirmé lundi que les Etats-Unis sortiraient complètement vainqueurs de la guerre contre l'Iran, en pleine impasse entre Téhéran et Washington pour trouver une issue au conflit. "Nous aurons une victoire complète. Nous avons déjà eu, en théorie, une victoire complète d'un point de vue militaire", a déclaré le président américain devant la presse à la Maison Blanche.
Le patron du géant pétrolier saoudien Aramco a averti lundi que la guerre au Moyen-Orient avait déclenché le "plus grand choc énergétique" jamais connu dans le monde, estimant que les marchés pourraient ne retrouver un fonctionnement normal qu'en 2027.
"Même si le détroit d'Ormuz rouvrait aujourd'hui, il faudrait encore des mois pour que le marché se rééquilibre, et si sa réouverture était retardée de quelques semaines supplémentaires, le retour à la normale s'étendrait jusqu'en 2027", a affirmé le PDG du fleuron de l'économie saoudienne, Amin Nasser, lors d'un appel avec des investisseurs.
Les déclarations de la veille ont fait bondir les prix de l'or noir, semant le doute sur les marchés quant à une reprise imminente des pourparlers de paix et une réouverture rapide du détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, contrôlé par l'Iran depuis le début de la guerre le 28 février.
Vers 11h10 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence sur le continent européen, gagnait 2,67% à 103,99 dollars. Soit une hausse de près de 50% comparé aux niveaux d'avant-guerre.
Washington et de nombreux pays soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique, ce qu'il dément, défendant son droit au nucléaire civil. "Il reste encore des matières nucléaires - de l'uranium enrichi - qui doivent être retirées d'Iran" et "des sites d'enrichissement à démanteler", avait affirmé dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS.
Il a aussi dit espérer la fin du pouvoir iranien, qui signifierait la chute, "comme un échafaudage" selon lui, des supplétifs de l'Iran au Yémen (Houthis), à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah). La guerre, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, "a permis d'accomplir beaucoup de choses, mais elle n'est pas finie", a averti le responsable israélien.
Dans le Golfe, de nouvelles attaques avaient été signalées dimanche. Au Qatar, un vraquier en provenance d'Abou Dhabi a été visé par un drone dans les eaux territoriales, selon le ministère de la Défense. L'agence de presse iranienne Fars a affirmé qu'il "battait pavillon américain", sans dire explicitement que l'Iran l'avait visé.
D'autres pays ont été ciblés par des drones : le Koweït n'en a pas précisé la provenance, mais Abou Dhabi a directement accusé Téhéran. Ces attaques interviennent deux jours après que l'armée américaine a visé deux pétroliers iraniens dans le golfe d'Oman, voie d'accès au détroit d'Ormuz.
Dans le sud du Liban, où les affrontements se poursuivent entre Israël et le Hezbollah malgré le cessez-le-feu censé être en vigueur depuis mi-avril, deux secouristes affiliés au mouvement pro-iranien et un soldat israélien ont été tués dimanche.
"La seule chose que nous avons exigée, ce sont les droits légitimes de l'Iran", a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
Avant de lister les revendications de la République islamique : "la fin de la guerre dans la région", y compris au Liban, la levée du blocus américain des ports iraniens et "la libération des avoirs appartenant au peuple iranien, qui sont injustement bloqués depuis des années".
La veille, le président américain Donald Trump s'était insurgé sur son réseau Truth Social : "je viens de lire la réponse des soi-disant 'représentants' de l'Iran. Je ne l'aime pas - C'EST TOTALEMENT INACCEPTABLE!".