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Système fragilisé, hausse du prix du kérosène... Pourquoi les compagnies aériennes low-cost sont-elles en difficulté ?

Un avion de la compagnie low-cost irlandaise Ryan Air à l'aéroport de Paris-Beauvais (Oise). [Claire Serie / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

En quelques semaines, la guerre au Moyen-Orient a fait flamber le prix du kérosène. De nombreuses compagnies aériennes, notamment low-cost, sont dans l'obligation de s'adapter. 

Le prix du kérosène s'envole face à des avions cloués. Face à la flambée des prix de l'énergie, certaines compagnies aériennes low-cost ont décidé d'ajuster leur programme de vols prévus pour la période estivale. Transavia, du groupe franco-néerlandais Air France-KLM, a annoncé, le 26 avril dernier, que la compagnie allait adapter "son programme de vols". En raison du contexte géopolitique actuel au Moyen-Orient et de ses répercussions sur le prix du carburant d'aviation, "Transavia France (...) est contrainte de procéder à l'annulation de plusieurs vols prévus aux mois de mai et juin 2026", a affirmé la compagnie dans un communiqué.

Selon l’AFP, ces annulations concernent "moins de 2% du programme de vols sur la période mai-juin". La compagnie précise qu’il s’agit d’ajustements limités mais nécessaires dans un contexte de forte tension sur les coûts. Un point crucial, alors que le carburant représente l’un des principaux postes de dépenses dans l’aviation et que ses variations ont un impact immédiat sur la rentabilité des vols.

Un système low-cost fragilisé par la hausse du kérosène

Selon le média économique La Tribune, cette hausse fragilise particulièrement les compagnies low-cost, dont le modèle repose sur des prix de billets très bas et une optimisation maximale des coûts. Dans ce système, les marges sont faibles et chaque hausse du carburant pèse directement sur la rentabilité, en particulier sur les lignes les moins fréquentées ou les moins rentables. Contrairement aux compagnies traditionnelles, ces transporteurs disposent de peu de flexibilité pour absorber ces chocs sans répercuter une partie des coûts sur les prix, au risque de fragiliser leur attractivité.

Dans ce contexte, les ajustements de programmes de vols deviennent une réponse fréquente. "Ce n'est pas inhabituel pour les transporteurs d'ajuster leurs plans de vol à cette époque de l'année", souligne Dudley Shanley, analyste financier de la banque Goodbody, interrogé par l’AFP. Mais il ajoute que si les prix du kérosène restent élevés, "il faudra encore un peu tailler chez les compagnies low cost", laissant entendre que ces réductions pourraient se poursuivre.

Une pression accrue liée au contexte géopolitique

Au-delà des ajustements ponctuels, plusieurs acteurs du secteur estiment que la situation est liée à un contexte plus large. La profession souligne que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient perturbent l’approvisionnement en pétrole et en kérosène, ce qui renchérit durablement les coûts. Dans ce cadre, les vols les moins rentables, souvent concentrés sur la haute saison estivale, sont les premiers concernés.

Le commissaire européen à l’Énergie Dan Jørgensen avertissait ainsi sur SkyNews le 22 avril que "les vacances de beaucoup de gens seront touchées, soit par des annulations de vols, soit par des prix des billets très, très élevés", soulignant l’impact potentiel de ces tensions sur les consommateurs.

Des stratégies différentes selon les compagnies

Les réactions varient toutefois selon les compagnies et leur stratégie financière. Certaines disposent de contrats de couverture leur permettant d’acheter leur carburant à prix fixe, ce qui amortit partiellement la hausse. D’autres, moins protégées, doivent ajuster rapidement leur offre. Ainsi, la canadienne Air Transat a réduit de 6 % son programme de vols sur la période mai-octobre, tandis que la compagnie Air Asia X a annoncé des suppressions de liaisons sans préciser de volume global.

D’autres acteurs affichent une stratégie plus offensive. Le directeur général de Wizz Air, Jozsef Varadi, affirmait ainsi à Aviation Week qu’il n’y a "pas besoin de courir plus vite que l’ours, mais il faut aller plus vite que le type à côté", une manière de souligner la forte concurrence dans le secteur.

Dans le même temps, certaines mesures apparaissent plus radicales. Lufthansa a annoncé la suppression de 20.000 vols d’ici fin octobre, accompagnée de l’arrêt de sa filiale régionale CityLine. Ryanair, de son côté, n’a pas directement invoqué le prix du kérosène mais une "fiscalité stupide" en Allemagne pour justifier une réduction de moitié de son programme de vols depuis Berlin.

Enfin, Volotea a annoncé dès le mois d’avril la suppression d’environ 1% de ses vols sur six mois, illustrant une tendance plus large d’ajustement progressif des capacités dans un secteur sous pression.