Au micro d'Elisabeth Assayag, Éric Kayser s'est exprimé sur la hausse du prix de nombreux produits liée par exemple au conflit au Moyen-Orient, notamment sur ses noisettes.
Invité ce mercredi 29 avril 2026 de La France bouge, Éric Kayser a réagi à la hausse des prix liée notamment à la guerre au Moyen-Orient. Le fondateur de la Maison Kayser, chaîne de boulangeries française, a expliqué comment fonctionne son enseigne face à l'inflation.
"Il faut avoir des très bons comptables"
"Plus le temps passe, plus je m'aperçois que les ratios sont de plus en plus compliqués à tenir. Les loyers ont monté fortement et ne baissent jamais. Et les coûts de matières premières, il faut vraiment les suivre. On essaie de se garantir, sur une année, sur les cours de l'électricité ou encore du gaz", explique le boulanger.
Et d'ajouter : "La rentrée prochaine va être intéressante. À mon avis, tout va flamber à nouveau. Les prix des matières premières vont aussi s'envoler, puisque cela bloque partout. Et donc, tous les ingrédients qu'on achète partout dans le monde montent."
Éric Kayser a également insisté sur le fait d'être bien entouré, pour anticiper ces hausses. "Il faut être callé sur ces entreprises. Il faut avoir des très bons comptables qui suivent tout ça de façon extraordinaire, parce que moi, je ne suis pas capable de le faire", détaille-t-il.
Revoir son offre, une autre solution
Et face à l'inflation, le fondateur de la Maison Kayser ne s'interdit pas de changer sa carte : "On peut stopper certains produits. Par exemple, on faisait un cake aux noisettes merveilleux au mois de décembre. En janvier, on a vu le cours de la noisette qui a commencé à flamber."
"Je me suis dit : 'On arrête le cake aux noisettes, on va faire un cake à autre chose'. Les gens me demandaient alors pourquoi on arrête. Parce que les gens ne sont pas capables de supporter les hausses qu'il peut y avoir. On essaie de s'adapter en temps réel", ajoute-t-il.
Le patron a également regretté le manque d'autonomie de la France. "Un jour, je suis allé voir un ministre, et je lui ai demandé pourquoi les cours du blé montent alors qu'on est autosuffisants en France. Il me répond : 'C'est décidé à Chicago'. Ce qui est vrai. Beaucoup de choses sont décidées hors de France, et c'est pénible", déplore Éric Kayser.
"Je ne sais pas si un jour on arrivera à réformer ça pour se dire qu'on est autosuffisant. On le voit dans l'essence, les États-Unis arrivent quand même à maintenir le prix de l'essence, parce qu'ils sont autosuffisants", conclut le boulanger.