Lors de l'émission "Christine Kelly et vous", David Duquesne est revenu sur la genèse de son livre "Ne fais pas ton français", publié chez Grasset. L'auteur explique avoir longtemps hésité à témoigner, en raison des fortes pressions exercées dans son entourage.
Invité de l'émission "Christine Kelly et vous", David Duquesne raconte s'être fait connaître sur les réseaux sociaux après plusieurs prises de position, ce qui a conduit plusieurs maisons d'édition à le solliciter pour raconter l'histoire de sa famille, de sa mère et son propre parcours.
Mais écrire ce livre, "Ne fais pas ton français", publié chez Grasset, n'allait pas de soi. "On me disait que parler de ces sujets était explosif, qu'on allait m'assimiler à l'extrême droite, me traiter de raciste ou d'islamophobe", confie-t-il.
Selon lui, ces tensions ont provoqué une rupture progressive avec une partie de son entourage, qui refusait d'aborder ces thèmes publiquement.
"J'étais un écrivain clandestin chez moi"
Face à ces résistances, David Duquesne explique avoir commencé à écrire discrètement, en prenant des notes sur son téléphone. Dans le même temps, certains de ses textes ont été publiés dans Causeur, Tribune Juive ou encore Le Figaro. "Je me suis retrouvé écrivain clandestin chez moi", résume-t-il.
L'auteur rend aussi hommage à sa mère, qu'il décrit comme une femme ayant refusé un mariage arrangé dans sa jeunesse. Il estime que cette histoire familiale a forgé son regard sur la liberté et l'assimilation.
Selon lui, avoir grandi entre plusieurs univers culturels lui a permis de mieux comprendre les tensions identitaires contemporaines.
Un titre chargé de sens
David Duquesne explique que le titre "Ne fais pas ton français" s'est imposé naturellement au moment finaliser le manuscrit. "Dès que vous commencez à vivre comme un Français, à prendre les mœurs françaises, on vous le reproche", affirme-t-il.
Selon lui, cette formule traduit une pression ressentie par certains Français d'origine maghrébine, sommés de choisir entre intégration et fidélité communautaire.
"Quand on est d’origine maghrébine, on vous reproche de vivre comme un Français"
"Quand on est d'origine algérienne, marocaine, tunisienne, dès que vous commencez à vivre comme un Français, à prendre les mœurs des Français, on vous le reproche", affirme-t-il.
Pour David Duquesne, cette formule résume la pression identitaire subie par certains Français issus de l'immigration. Malgré les tensions familiales et sociales, l'auteur assure ne rien regretter aujourd’hui. "Comme je suis quelqu’un d'assez rebelle, têtu, déterminé, j'ai refusé de me taire", conclut-il.
L'auteur évoque aussi les conséquences personnelles de ce projet, notamment sur sa vie conjugale. Il affirme avoir subi un ultimatum au moment de l'écriture.
"Si tu veux que je renonce au divorce, renonce au livre", rapporte-t-il. Puis, selon ses dires : "Si tu l'écris, je ferai en sorte que tes enfants ne portent plus ton nom."
David Duquesne confie avoir traversé une profonde dépression. "J'étais au bord du suicide. J'allais perdre ma femme, mes enfants, j'étais dévasté."