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Marathon de Londres : la prouesse technique des baskets Adidas qui ont permis au coureur Kenyan de s’imposer

Sawe et Kejelcha portaient tous deux le nouveau modèle Adidas, l'Adizero Adios Pro Evo 3, pesant seulement 97 grammes. [© JUSTIN TALLIS / AFP]

Le marathon de Londres 2026 a marqué l'histoire avec les premiers chronos officiels sous les deux heures. Une révolution rendue possible par l'évolution de l’entraînement, de la nutrition et surtout par les chaussures carbone nouvelle génération, devenues incontournables dans la quête de performance.

Le marathon entre dans une nouvelle ère. Il a basculé dimanche à Londres. Pour la première fois dans une course homologuée, la mythique barrière des deux heures a été franchie sur 42,195 km.

Le Kényan Sabastian Sawe s'est imposé en 1h59'30", devant l'Éthiopien Yomif Kejelcha en 1h59'41". Les deux hommes ont effacé l'ancienne référence de Kelvin Kiptum (2h00'35"), établie à Chicago en 2023.

Sous un soleil généreux, 18 degrés et sans vent, les conditions étaient idéales. Mais la météo n'explique pas tout.

L'impact décisif des chaussures carbone

Derrière cette révolution chronométrique se cache une transformation technologique majeure : les  "super chaussures", ces chaussures à plaque carbone et mousse ultra-légère apparues en 2016.

Sawe et Kejelcha portaient tous deux le nouveau modèle Adidas, l'Adizero Adios Pro Evo 3, pesant seulement 97 grammes. Une première historique sous les 100 grammes pour une chaussure de marathon.

Le principe est simple. Une plaque rigide agit comme un ressort, tandis qu'une mousse très performante améliore l'amorti et la restitution d'énergie. Selon plusieurs études, le gain d'efficacité peut atteindre environ 4 %.

Une révolution lancée par Nike

Le mouvement avait débuté avec Nike et sa célèbre Vaporfly, révélée en secret avant d'être commercialisée en 2017. Ces modèles avaient bouleversé la hiérarchie mondiale, enchaînant records et performances de référence.

Le moment symbolique reste la tentative réussie de Eliud Kipchoge en 2019 à Vienne, lorsqu'il était devenu le premier homme à courir sous les deux heures (1h59’40’’), dans un cadre non homologué. Cette fois, Londres a offert une version officielle de cet exploit.

World Athletics a dû intervenir

Face à l’explosion des performances, World Athletics a encadré la technologie dès 2020. Les règles imposent désormais : une semelle limitée à 40 mm d'épaisseur, une seule plaque rigide, modèles disponibles commercialement. L'objectif est d'éviter une fuite en avant technologique tout en laissant l'innovation progresser.

Les chaussures ne font pas tout. Les méthodes modernes de préparation ont également transformé la discipline. Les marathoniens optimisent aujourd'hui la récupération, la charge d'entraînement, la gestion de course et les apports glucidiques.

Sawe aurait ainsi absorbé 115 g de glucides par heure pendant son effort, un niveau inédit. Il y a encore quelques années, 60 à 70 g constituaient la norme.

Un débat toujours ouvert

Cette nouvelle ère interroge toujours. Certains y voient un progrès logique, d'autres parlent de dopage technologique comparable aux combinaisons bannies en natation.

Une certitude demeure car les records tombent désormais à un rythme inédit, et le marathon d'avant 2016 semble déjà appartenir à une autre époque. À Londres, l’histoire s'est accélérée. Et les chaussures aussi.