Le gouvernement a officialisé, ce mardi, une économie de six milliards d’euros pour compenser le coût du conflit au Moyen-Orient. Le budget de l'Armée lui est revu à la hausse pour pouvoir assurer la tenue des opérations extérieures françaises.
Le gouvernement a annoncé mardi que six milliards d'euros d'économies sur les dépenses pourraient être réalisées en 2026 pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient.
La guerre au Moyen-Orient a entraîné une hausse de la charge de la dette à hauteur d'environ 3,6 milliards d'euros, a rappelé le ministre de l'Économie mardi. Celle-ci s'élèverait à 64 milliards d'euros en 2026, soit plus que le budget de l'Éducation nationale (hors pensions), a précisé Bercy.
Au total, en prenant en compte aussi l'impact de l'inflation sur les allégements de cotisations sociales et les dépenses indexées prises en charge par l'État, ou encore les dépenses liées aux armées, "le coût total de cette crise pourrait donc représenter au moins six milliards d'euros, à date", a détaillé Sébastien Lecornu dans son courrier aux ministres.
Un milliard d'euros supplémentaires pour les armées
Résultat, tous les ministères vont devoir se serrer la ceinture à l'exception de celui des Armées. Le Premier ministre annonce même un milliard d'euros supplémentaires de dépenses pour les opérations extérieures.
Où passe cet argent ? Tout d'abord, le déploiement des nouvelles troupes françaises coûte très cher, "environ 200 millions d'euros par mois", confie une source du ministère des Armées à Europe 1. Entre le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée, les frégates en Mer Rouge et plus de 5.000 soldats déployés dans les bases militaires françaises au Moyen-Orient, les dépenses sont conséquentes.
Hausse du prix du carburant
L'autre raison réside aussi dans l'explosion du prix des carburants. Les réserves stratégiques sont déjà utilisées pour éviter les pénuries en station. Alors, l'armée doit se fournir à prix fort et la guerre consomme énormément. Par exemple, un Rafale peut consommer jusqu'à 9.000 litres par heure en situation de combat pour un coût de 15 à 20.000 euros de l'heure.
Catherine Vautrin, la ministre des Armées, avait déjà prévu 1,4 milliard d'euros pour les opérations extérieures en 2026, auquel il faut donc ajouter ce milliard supplémentaire. L'entourage de la ministre l'assure : "Les Français acceptent ces dépenses car la souveraineté du pays est en jeu".