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1,21 euro le litre de diesel contre 2,20 en France : mais comment Malte fait-elle pour avoir les prix les plus bas d'Europe ?

Malte maintient les prix des carburants à un niveau faible grâce à une politique énergétique coûteuse mais nécessaire pour protéger la population et les entreprises. [Ludovic MARIN / AFP]

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, à la fin février, les prix des carburants se sont envolés partout dans le monde. En France, l'essence dépasse les 2 euros, plus de 2,20 euros pour le gasoil. En Europe, Malte fait figure d'exception avec des prix stables, autour d'1,20 euro. Comment est-ce possible ? 

Les prix des carburants se sont envolés suite au déclenchement de l'opération "Fureur épique" en Iran, à la fin du mois de février. En France, le diesel a augmenté de près de 60 centimes, 30 pour l'essence. Une tendance qui s'observe partout en Europe, sauf à Malte qui a maintenu ses prix stables autour de 1,20 à 1,30 euro le litre. 

150 millions d'euros de subventions pour maintenir les prix bas

Un "exploit" rendu possible par une politique d'aide à la population et aux entreprises lancée par le gouvernement. Tout d'abord, au niveau des taxes, Malte applique le minimum fixé par l'Union européenne, à savoir 0,36 euro par litre pour l'essence et 0,33 pour le diesel. La France, elle, applique 0,68 euro sur le litre d'essence, selon une étude de Tax Foundation

Le gouvernement maltais a aussi mis en place une politique de subventions pour maintenir les prix bas et stables. En mars dernier, le Premier ministre, Robert Abela, estimait que sans ces mesures, les prix à la pompe auraient augmenté de "45%" ce qui serait "une catastrophe" pour le pays, "son industrie" et sa "population"

Cette politique énergétique a forcément un coût pour l'État. Selon le ministre des Finances, Clyde Caruana, Malte consacre 150 millions d'euros de son budget par an dans ces subventions. Et grâce à la bonne santé économique de l'île, le gouvernement pourrait investir encore 250 millions d'euros supplémentaires pour maintenir les prix bas tout en conservant un déficit budgétaire qui ne dépasserait pas les 3%. 

En mars dernier, le gouvernement maltais a lancé une nouvelle prime à destination des jeunes conducteurs de moins de 30 ans pour abandonner leur voiture pendant cinq ans. Cette prime s'élève à 5.000 euros par an, soit 25.000 euros. En plus de cela, les réseaux de bus publics sont gratuits, de quoi favoriser l'utilisation des modes de déplacement alternatifs.