La présidence libanaise a annoncé vendredi soir qu'une rencontre aurait lieu mardi avec Israël à Washington afin de discuter d'un cessez-le-feu dans la guerre opposant l'armée israélienne au Hezbollah pro-iranien depuis début mars.
A l'issue d'un entretien entre les ambassadeurs des deux pays aux Etats-Unis, "il a été convenu d'organiser une première réunion mardi au département d'Etat afin de discuter de l'instauration d'une trêve et de la date du début des négociations entre le Liban et Israël sous l'égide des Etats-Unis", selon le communiqué.
Les Bourses d'Europe ont clôturé une semaine riche en rebondissements sur une note prudente vendredi dans l'attente de pourparlers annoncés au Pakistan entre les Etats-Unis et l'Iran ce week-end.
Paris a légèrement progressé (+0,17%) tout comme Milan (+0,59%). Francfort (-0,01%) et Londres (-0,03%) ont terminé à l'équilibre.
Le président du Parlement iranien a exigé vendredi une trêve au Liban et le déblocage des actifs de son pays avant toute négociation de paix avec les Etats-Unis, alors que des pourparlers sont censés se tenir samedi au Pakistan.
"Deux des mesures sur lesquelles les parties se sont mises d'accord doivent encore être appliquées: un cessez-le-feu au Liban et le déblocage des actifs de l'Iran, avant le début des négociations", a affirmé Mohammad Bagher Ghalibaf sur son compte X. "Ces deux questions doivent être résolues avant que les négociations commencent".
Des discussions sont prévues au Pakistan entre l'Iran et les Etats-Unis, dont le vice président JD Vance est attendu samedi à Islamabad.
L'armée israélienne a déclaré vendredi avoir "démantelé" plus de 4.300 infrastructures du Hezbollah au Liban depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste allié de Téhéran le 2 mars.
Les soldats israéliens ont "démantelé (...) plus de 4.300 infrastructures terroristes", localisé plus de 1.250 armes, dont des roquettes à longue portée, des missiles antichars, des lance-roquettes RPG, des engins explosifs ou encore d'autres équipements militaires, a listé l'armée dans un communiqué.
Elle a aussi affirmé avoir "éliminé" plus de 1.400 combattants du Hezbollah, dans des frappes ou ses opérations terrestres dans le sud du Liban. Selon les autorités libanaises, plus de 1.800 personnes dont 163 enfants ont été tuées dans le pays depuis début mars.
Le vice-président américain JD Vance a dit vendredi vouloir des "négociations positives" avec l'Iran, avant d'embarquer à bord d'Air Force Two pour aller au Pakistan, où les pourparlers sont prévus.
"Comme l'a dit le président des Etats-Unis, si les Iraniens sont prêts à négocier de bonne foi, nous sommes tout à fait disposés à leur tendre la main", a-t-il dit, mais "s'ils tentent de se jouer de nous, ils verront que notre équipe de négociation ne se montrera pas très réceptive".
"Nous allons donc essayer de mener des négociations positives", a-t-il ajouté.
Le chef du Hezbollah a appelé vendredi les responsables libanais à ne pas faire de "concessions gratuites" à Israël, alors que les deux pays doivent entamer des pourparlers la semaine prochaine à Washington.
"Nous appelons les responsables à arrêter de faire des concessions gratuites", a affirmé Naïm Qassem dans un discours écrit, dont la chaîne du Hezbollah, al-Manar, a lu le texte.
Le Hezbollah libanais a annoncé vendredi avoir lancé des missiles sur une base navale militaire de la ville d'Ashdod, dans le sud d'Israël.
Dans un communiqué, le groupe pro-iranien affirme qu'il s'agit d'une "riposte" aux raids meurtriers mercredi sur Beyrouth et le reste du Liban, qui ont fait plus de 300 morts. Il ajoute que "cette riposte se poursuivra jusqu'à l'arrêt de l'agression".
Le groupe pétrolier français TotalEnergies a annoncé vendredi la mise à l'arrêt de la raffinerie Satorp en Arabie saoudite, après des frappes qui ont endommagé une partie de l'installation située au bord du Golfe, selon une communication adressée à ses investisseurs.
"Par mesure de sécurité", les unités de la plateforme, codétenue par la compagnie saoudienne Aramco (62,5 %) et TotalEnergies (37,5 %) "ont été mises à l'arrêt" après des "incidents survenus dans la nuit du 7 au 8 avril, qui ont endommagé l'un des deux trains de traitement de la raffinerie", a indiqué le groupe français, en précisant "qu'aucune victime n'est à déplorer".
Jeudi, le ministère saoudien de l'Energie avait fait état de "multiples attaques" contre "d'importantes installations énergétiques du Royaume", dont cette raffinerie.
L'Espagne a demandé à l'Iran de participer "de bonne foi" aux négociations de paix avec les États-Unis à Islamabad et de s'abstenir d'attaquer d'autres pays, a indiqué le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares, après un échange avec son homologue iranien Abbas Araghchi.
"J'encourage l'Iran, comme je l'ai communiqué à son ministre des Affaires étrangères, à participer à ces négociations et à y participer de bonne foi", a déclaré à la presse José Manuel Albares, précisant avoir conversé avec son homologue iranien "avant-hier" et lui avoir demandé de s'abstenir de "lancer des missiles et des drones".
Le gouvernement a autorisé jusqu'au 11 mai la circulation des camions-citernes transportant des hydrocarbures et desservant les stations-service partout et pendant tout le week-end ainsi que les lundis et jours fériés, afin d'éviter les risques de pénurie, selon un arrêté publié vendredi au Journal officiel.
"Les interdictions de circulation des véhicules de transport de marchandises de plus de 7,5 tonnes (...) sont levées jusqu'au 11 mai 2026 à 10 heures pour les véhicules de transport de produits hydrocarbures desservant les stations-service", selon l'arrêté.
La levée des interdictions concerne "les dimanches et jours fériés ainsi que les veilles et lendemains de dimanches et jours fériés", précisent les ministères de l'Intérieur et des Transports. Le retour à vide des véhicules concernés est également autorisé pour ces jours.
En temps normal, la circulation est interdite sur certains axes autoroutiers à des créneaux précis comme de 10H à 18H dans le sens Paris-province ou de 22H à minuit les dimanches.
Un arrêté presque similaire avait été pris par la préfecture de police de Paris pour le lundi de Pâques.
Le gouvernement justifie cette mesure par "le caractère essentiel pour l'économie nationale d'assurer la continuité de la distribution des hydrocarbures dans les stations-service" et "la nécessité de prévenir tout risque de perturbation des approvisionnements en carburants des stations-service dans le contexte du conflit armé au Moyen-Orient".
Jeudi matin sur Franceinfo, le ministre de l'Economie Roland Lescure avait dit que 13% des stations avaient "tendance à manquer d'essence le temps qu'on les réapprovisionne". "Au sortir du week-end de Pâques, on était à 20%", avait-il ajouté.
Le Pakistan doit accueillir vendredi 10 avril les délégations iranienne et américaine pour des pourparlers au troisième jour du cessez-le-feu, même si la participation des Iraniens reste incertaine après des frappes israéliennes qui ont fait mercredi plus de 300 morts au Liban.
Ces frappes israéliennes sont les plus meurtrières au Liban, où Israël lutte contre le Hezbollah pro-iranien, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une attaque menée conjointement par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran.
"La tenue de pourparlers visant à mettre fin à la guerre dépend du respect par les Etats-Unis de leurs engagements en matière de cessez-le-feu sur tous les fronts, en particulier au Liban", a indiqué Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, dans des propos rapportés par l'agence Isna.
Au moment de l'annonce du cessez-le-feu, le Pakistan, pays médiateur dans ce conflit, avait assuré que la trêve s'appliquait "partout, y compris au Liban". Ce qu'ont démenti ensuite Israéliens et Américains.
Sous haute sécurité, Islamabad s'est transformée en ville fantôme où les négociations doivent se tenir dans un hôtel de luxe.
Le vice-président JD Vance doit mener la délégation américaine pour des discussions samedi sur l'Iran, aux côtés de l'émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump, a annoncé la Maison Blanche.
Les Américains "très optimistes", la venue des Iranien incertaine
Le président américain a dit à NBC News être "très optimiste" sur la possibilité de conclure un accord de paix, malgré l'écart entre les positions des deux pays.
Moins de certitudes côté iranien : peu après avoir annoncé sur le réseau X l'arrivée d'une délégation iranienne au Pakistan jeudi soir, l'ambassadeur d'Iran à Islamabad a supprimé son message. Le message avait été envoyé prématurément, selon un fonctionnaire de l'ambassade à l'AFP, qui n'a pas précisé si la délégation iranienne était toujours attendue.
Et en Iran, le premier grand bulletin d'information vendredi matin à la télévision d'Etat (à 8h00) n'a fait aucune mention des négociations.
"Les informations relayées par certains médias selon lesquelles une équipe de négociateurs iraniens serait arrivée à Islamabad, au Pakistan, pour négocier avec les Américains sont totalement fausses" a rapporté l'agence de presse iranienne Tasnim, citant une source anonyme.
"Tant que les États-Unis ne respecteront pas leur engagement de cessez-le-feu au Liban et que le régime sioniste poursuivra ses attaques, les négociations seront suspendues".
Donald Trump a mis en garde l'Iran jeudi contre tout péage pour les navires souhaitant traverser le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale contrôlée par Téhéran qui l'avait bloquée ces dernières semaines.
Le président américain a fait état dans un message sur sa plateforme Truth Social "d'informations selon lesquelles l'Iran fait payer des frais aux pétroliers traversant le détroit d'Ormuz". "Ils ont intérêt à ne pas le faire, et si c'est le cas, ils feraient mieux d'arrêter maintenant!", a ajouté Donald Trump au deuxième jour du cessez-le-feu précaire entre les États-Unis et l'Iran.