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Criminalité organisée : pourquoi Laurent Nuñez veut centraliser le renseignement

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, était à Marseille ce jeudi après-midi. [Thibaud MORITZ / AFP]

En déplacement à Marseille, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a dévoilé une nouvelle organisation des services pour mieux lutter contre la criminalité organisée. Objectif : centraliser le renseignement et renforcer la coordination face à des réseaux de plus en plus structurés et menaçants.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, était à Marseille ce jeudi après-midi. Objectif : présenter une nouvelle organisation des services face aux crimes organisés. Ce sera désormais la police judiciaire qui centralisera toutes les informations des autres services de police, des douanes ou encore de la gendarmerie. Mais alors, pourquoi ce choix exactement ?

"Échanger et faire des recoupements"

Le ministre de l’Intérieur, qui a longuement présenté le projet tout à l’heure aux enquêteurs, souhaite décloisonner les services pour gagner en efficacité contre les narcotrafiquants et, plus largement, contre toute la criminalité organisée.

"Il s’agit donc de mieux échanger de l’information, de croiser les analyses sur l’évolution de la criminalité organisée. Évidemment le trafic de stupéfiants, mais vous avez en ce moment un certain nombre de séquestrations, d’enlèvements de personnes qui détiennent des cryptomonnaies", précise Laurent Nuñez.

"Ces actes graves sont souvent mis en œuvre par les mêmes équipes. Il est donc important qu’en matière d’analyse et de renseignement, les différents services puissent échanger et faire des recoupements", ajoute le ministre de l'Intérieur.

"Une volonté de déstabilisation des institutions"

Et puis, il faut dire que les gangs ne cessent de croître et étendent leurs capacités de nuisance, relève Pascal Bonnet, du Sirasco, le service de renseignement sur la criminalité organisée.

"Aujourd’hui, il y a évidemment le blanchiment d’argent, le narco-proxénétisme, la traite des êtres humains, ainsi que des tentatives de corruption de l’ensemble des acteurs de la chaîne pénale. On observe également des menaces ciblées contre des magistrats et des personnels pénitentiaires, ce qui traduit une volonté d’influence, de contournement et de déstabilisation des institutions", détaille-t-il.

Le Sirasco publie justement demain un rapport sur l’état de la menace en France et s’inquiète également des appétits des mafias étrangères dans notre pays, qu’elles soient italiennes, albanaises, chinoises ou encore brésiliennes.