Ce mardi, le ministère de l'Éducation a dévoilé un document du service statistique sur les prédictions pour les effectifs des écoles, collèges et lycées publics ou privés sous contrat. Par rapport à 2025, il y aura 1.676.800 élèves en moins en 2035.
Les écoles, collèges et lycées publics ou privés sous contrat auront perdu 1.676.800 élèves en 2035, soit une baisse de 14,2% par rapport à 2025, selon un document du service statistique du ministère de l'Éducation publié mardi, qui fonde ses projections sur des hypothèses de fécondité notamment.
Une évolution différente selon les académies et les départements
En prenant en compte un scénario intermédiaire, "sur l'ensemble de la période, cette baisse serait plus accentuée dans le premier degré (- 933.000 élèves, - 15,2 %) que dans le second degré (- 743.800 élèves, - 13,2 %)", précise ce document de travail de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), qui anticipe "des situations contrastées selon les territoires".
Les auteurs proposent trois scénarios de fécondité (intermédiaire, haut et bas). Le scénario intermédiaire prolonge la baisse de la fécondité pour atteindre un indice en 2030 de 1,5 enfant par femme, qui se stabilise ensuite.
Selon le scénario intermédiaire, les effectifs du premier degré (maternelles et élémentaires) passeraient ainsi de 6.149.400 en 2025 à 5.216.400 élèves en 2035, et ceux du second degré (collèges et lycées) de 5.619.700 à 4.875.900 élèves.
L'évolution des effectifs serait différente selon les académies, et selon les départements. Dans le premier degré, la baisse serait de 29,3% dans l'académie de Paris, de 11,6% dans celles de Nice et Nantes et de 4,5% à Mayotte par exemple.
4.000 suppressions de postes
Dans le second degré, les effectifs reculeraient de 21,3 % en Martinique, de 7,4% dans l'académie de Versailles, mais augmenteraient en Guyane (+ 5,3 %) et à Mayotte (+ 6,2 %). La répartition des effectifs entre secteurs public et privé sous contrat resterait "globalement" stable par rapport à 2025.
Pour fonder leurs projections, les auteurs s'appuient sur un "contexte démographique marqué par une baisse des naissances, amorcée depuis 2010", et sur la baisse des effectifs "depuis 2016 dans le premier degré et qui a débuté en 2024 dans le second degré".
Pour le second degré, ils retiennent les naissances récentes, puisque les élèves qui entreront au collège en 2035 sont nés en 2024. Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray invoque régulièrement la baisse démographique, "comme jamais notre pays n'en a connue dans son histoire", pour justifier des suppressions de postes.
Au total, 4.000 suppressions de postes d'enseignants, public et privé confondus, sont attendues pour la rentrée 2026, dont 1.891 dans le premier degré public et 1.365 dans le second degré, ce qui suscite des mobilisations sur tout le territoire depuis plusieurs semaines.