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Face à la hausse du prix des carburants, les taxis de la Drôme mènent une opération escargot à Valence

Taxis (image d'illustration) [Jean-Marc Barrère / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Des rassemblements face à la flambée des prix du carburant, liée à la guerre au Moyen-Orient. Des professionnels tirent la sonnette d'alarme, des transporteurs routiers se sont mobilisés dans les Deux-Sèvres. Dans la Drôme, une soixantaine de taxis ont mené une opération escargot sur la voie rapide entre Valence et Romans-sur-Isère, comme l'explique la correspondante Europe 1. 

Sur la voie rapide, des dizaines de taxis roulent au pas. La hausse du prix du carburant menace leur activité, déjà fragilisée en novembre dernier par la baisse des tarifs du transport des patients. 

"C'est reculer, pour mieux sauter"

À son volant, Nicolas Costet est chauffeur de taxi depuis 30 ans dans le nord de l'Ardèche : "On avait déjà des trajets sans seuil de rentabilité, à perte. Comme nos prix sont bas et surtout imposés, on ne peut rien répercuter. Les entreprises s'en sortent comme elles le peuvent. Mais la trésorerie, à un moment, on va arriver à bout. Cela va se concrétiser par des dépôts de bilan, certaines personnes n'auront plus accès aux soins". 

Le gouvernement propose un "Prêt flash carburant" de 5.000 à 50.000 euros pour aider les TPE et les PME. Un dispositif insuffisant pour Nicolas : "On nous propose de faire des emprunts, parce qu'ils voient bien que toutes les trésoreries des entreprises s'affaiblissent. Le problème, c'est reculer, pour mieux sauter. C'est-à-dire, quand il va falloir payer tout ce qu'on a suspendu, ça sera des dépôts de bilan". 

Les professionnels réclament d'autres mesures. Nicolas Aumage est président du syndicat départemental des Artisans Taxis de la Drôme : "Les taxis sont assujettis à la détaxe carburant, la TICPE. Il faudrait augmenter le taux de récupération de cette taxe pour redonner un peu de trésorerie, et que le gouvernement baisse les taxes au niveau de la pompe, pour que tout le monde en bénéficie". 

Si les prix des carburants continuent de grimper, les chauffeurs de taxis préviennent : certains seront contraints de laisser leurs véhicules au garage, bien avant que le litre atteigne les trois euros.