Face à la guerre en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz qui fait flamber les prix du carburant, faut-il piocher dans les stocks stratégiques ? Mais comment sont-ils gérés ? Europe 1 s'est penchée sur la question.
Faut-il débloquer des stocks stratégiques pour limiter la hausse des prix du carburant à la pompe, comme le fait le Japon ? Depuis le début de la guerre en Iran, la question refait régulièrement surface. La France, comme d'autres pays, possède des stocks, qui représentent l'équivalent de 90 jours de notre consommation.
Au cœur du dispositif, la SAGESS, la Société Anonyme de Gestion des Stocks de Sécurité, créée en 1988 et placée sous l'autorité du ministère de l'Energie. Son rôle est d'acheter et de stocker pour le compte des opérateurs pétroliers qui ont l'obligation légale de constituer ces stocks.
Un acteur privé, mais répondant aux ordres et demandes de l'État
Ce sont eux les actionnaires de la SAGESS, et ils doivent alimenter les stocks à hauteur d'un volume équivalent à 30% de leurs ventes de l’année précédente. Attention, il s'agit bien d'un organisme privé mais l'Etat reste le donneur d'ordre précise Emmanuel Fages, expert énergie au cabinet Roland Berger.
"C'est le gouvernement qui dit "on va libérer les stocks stratégiques", et il dit à quelle hauteur. Après effectivement c'est la SAGESS en premier lieu, puisque c'est elle qui coordonne les plus gros volumes en France, qui met les stocks à disposition", explique-t-il au micro d'Europe 1.
"L'idée de ces stocks, c'est de gérer par les volumes, ce n'est pas de faire baisser les prix en ayant des prix d'arrivée inférieurs", prévient-il. L'objectif de cette gestion des stocks stratégiques, c'est avant tout de rassurer le marché, de démontrer que les stations-services peuvent être alimentées et donc éviter les pénuries.