Un mois après le début des hostilités avec l'Iran, Donald Trump entretient le flou entre pression militaire et ouverture diplomatique. Malgré un renforcement massif des troupes américaines, le président affirme croire à un accord imminent avec Téhéran.
Plus d'un mois après le début des hostilités face à l'Iran, la stratégie de Donald Trump reste difficile à cerner. Le président américain a récemment décidé d'envoyer des troupes supplémentaires au sol au Moyen-Orient, laissant planer la possibilité d'une intervention terrestre en Iran.
Dans le même temps, le locataire de la Maison Blanche affirme croire à une issue diplomatique. Il évoque même la possibilité d'un accord prochain avec Téhéran.
Donald Trump évoque un "changement de régime"
Pour justifier son optimisme, Donald Trump estime que les opérations menées depuis plusieurs semaines ont profondément modifié le pouvoir en place en Iran.
"Je pense que nous allons conclure un accord avec eux, j'en suis presque sûr. Mais il est possible que ce ne soit pas le cas. Mais nous avons eu un changement de régime, car le premier et le deuxième régime ont été décimés. Nous avons affaire maintenant à des gens différents de ceux avec lesquels quiconque a eu affaire auparavant. C’est un groupe de personnes complètement différents. Je considérerais donc cela comme un changement de régime", affirme-t-il.
Selon lui, ce nouveau pouvoir serait plus conciliant, ouvrant la voie à un compromis. Washington assure même que l'Iran aurait accepté une grande partie d’un plan de paix en 15 points proposé récemment.
Une version toutefois contestée par Téhéran, qui affirme avoir rejeté cette proposition, notamment en raison de dispositions sensibles comme la réouverture du détroit d'Ormuz.
Un renforcement militaire massif dans la région
En parallèle de ce discours diplomatique, les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence militaire. Ces dernières heures, 10.000 soldats supplémentaires ont été déployés, accompagnés de commandos marines et de parachutistes. Selon le Pentagone, plus de 50.000 militaires américains sont désormais mobilisés dans la région.
Pour l'Iran, cette montée en puissance confirme les intentions offensives de Washington, malgré les déclarations d’ouverture.
Des objectifs stratégiques clairement identifiés
Parmi les cibles potentielles évoquées par Donald Trump figure l'île de Kharg, située au cœur du golfe Persique.
"Si le détroit d'Ormuz n'est pas immédiatement rouvert, nous mettrons un terme à notre 'agréable' séjour en Iran en détruisant complètement toutes leurs centrales électriques, leurs puits de pétrole et l'île de Kharg (et peut-être aussi toutes les usines de dessalement !), que nous avons délibérément épargnées jusqu'à présent", a menacé le président américain.
Cible stratégique des Américains, l'île de Karg est située en plein cœur du golfe Persique à 20 km des côtes iraniennes. Long de seulement 8 km, 7 kg de corail hébergent des oléoducs, des cuves et des réservoirs par lesquels transitent 90% des exportations de pétrole iranien. Il y a trois semaines, les Américains avaient déjà frappé l'île de Karg en détruisant, selon la Maison Blanche, plusieurs installations militaires. Cette fois, ce sont donc les infrastructures énergétiques de Téhéran que Trump menace d'attaquer.
Entre démonstration de force et volonté affichée de négocier, la position américaine reste ambiguë. Si Donald Trump assure qu'un accord est à portée de main, le renforcement militaire et les divergences avec l'Iran laissent planer le doute sur une désescalade rapide du conflit.