Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Désarmer la police municipale : «Le message du maire de Saint-Denis est terrifiant»

Invité du "Grand Rendez-vous" Europe 1/ CNews/ Les Echos, le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun, a estimé que le message du maire de Saint-Denis était terrifiant. Bally Bagayoko (LFI) veut désarmer sa police municipale et ne veut plus qu'ils se rendent dans certains quartiers.

Une police municipale sans arme et qui ne met pas un pied dans les quartiers. À peine élu, le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko annonce "un processus de désarmement" des 160 membres de sa police municipale. Une "aberration" pour Raoul Regaeig, secrétaire général de l’UNSA Police municipale, et une "message terrifiant" pour Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement. 

"Quand on arme un policier municipal, c'est pas pour faire de lui un cow-boy, c'est pour faire en sorte qu'il soit protégé, pour qu'il soit en sécurité", rappelle-t-il au micro du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos ce dimanche.

Un "complicité morale"

"Vous avez en face de vous des narcotrafiquants qui peuvent vous lancer des chiens dangereux, des pitbulls qui vous foncent dessus. Vous n'arrêtez pas le pitbull avec votre plaque en disant 'Regardez, je suis policier municipal, arrêtez s'il vous plaît'. Non, il faut neutraliser la menace. On pense tous à Clarissa Jean-Philippe [policière municipale assassinée le 8 janvier 2015 à Montrouge par le terroriste islamiste Amedy Coulibaly, NDLR]. Si elle ou son coéquipier avaient été armés, peut-être qu'elle serait toujours parmi nous aujourd'hui. On a besoin de protéger nos policiers municipaux. C'est pour ça qu'on les arme."

"Le message envoyé par le maire de Saint-Denis est terrifiant à plein d'égards", poursuit l'ex-édile de l'Haÿ-les-Roses. "Il veut les désarmer, mais il leur a demandé d'arrêter d'aller dans certains quartiers. Donc déjà, ça dit une sorte de tolérance, pour ne pas dire de complicité morale qui consiste à dire 'il y a des quartiers qui sont tenus par des narcotrafiquants. Quand on envoie la police municipale, ça les gêne. Je n'envoie plus la police municipale.'"

Et de conclure : "Je pense qu'il va falloir qu'on soit extrêmement vigilants, parce que je suis très inquiet de cette idéologie".