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Le déficit public de la France recule à 5,1% du PIB en 2025

Sebastien DUPUY / AFP [Sebastien DUPUY / AFP]

Selon les chiffres publiés par l'Insee ce vendredi 27 mars, le déficit public de la France a reculé de 0,7 points en 2025 par rapport à 2024. Cette baisse doit se poursuivre en 2026 "quoi qu'il arrive", assure Sébastien Lecornu. 

Le gouvernement français a eu une bonne surprise ce vendredi avec le déficit public qui a plus baissé qu'attendu en 2025, à 5,1% du produit intérieur brut, une tendance que l'exécutif veut poursuivre en 2026 "quoi qu'il arrive".

Le chiffre publié par l'Insee est inférieur de 0,3 point à la prévision du ministère de l'Économie, qui était de 5,4%. Selon cette première estimation, il a ainsi reculé de 0,7 point par rapport à 2024, grâce à des recettes qui "accélèrent du fait de la hausse des impôts", a expliqué l'Institut national de la statistique dans un communiqué.

"Il faut continuer à réduire le déficit"

"On a connu le 'quoi qu'il en coûte'. Je crois qu'on peut dire que la maîtrise des finances publiques en transparence doit se faire quoi qu'il arrive désormais", a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu, en introduction d'une réunion avec les ministres chargés de l'économie et du budget.

Cette amélioration a permis de faire baisser le ratio de la dette publique lors du 4e trimestre. Il est descendu à 115,6% du PIB fin 2025, soit 1,6 point de mieux que fin septembre, mais une hausse de 3 points en un an.

"Il faut continuer à réduire le déficit" et "les chiffres pour l'année 2025 nous invitent à être ambitieux pour la nouvelle baisse du déficit en 2026", a commenté sur TF1 le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel.

Un objectif de 5% du PIB pour 2026

Le gouvernement s'est fixé pour 2026 un objectif de déficit aux alentours de 5% du PIB. Il paraissait plus facilement atteignable avant le déclenchement fin février de la guerre au Moyen-Orient, qui devrait avoir des répercussions sur la croissance économique et donc les recettes fiscales.

Interrogé par TF1 sur les premières conséquences économiques en France, principalement via la montée du prix des hydrocarbures, David Amiel a répondu qu'il était "trop tôt pour qu'on ait la remontée statistique précise des chiffres".

Le plus dure reste à venir

Il a par ailleurs exclu que les chiffres meilleurs que prévu des comptes publics favorisent l'octroi rapide d'aides aux entreprises ou aux consommateurs. "Il n'y a pas de cagnotte. La cagnotte, c'est quand il n'y a pas de déficit", a-t-il souligné. "Pour toute dépense supplémentaire qui serait engagée, il y aura à l'euro près l'annulation d'une autre dépense qui était prévue", a promis David Amiel.

L'effort pour réduire le déficit est passé très majoritairement, à ce stade, par la hausse des prélèvements. De nombreux économistes s'accordent à dire que le plus facile a été fait, tandis que le plus difficile politiquement, réduire les dépenses, reste à venir.

"Les recettes accélèrent en 2025 : elles sont en hausse de 3,9%, après +3,2 % en 2024", relève l'Insee. En particulier, "les impôts courants sur le revenu et le patrimoine accélèrent fortement", de 6,6% en 2025. 

"Une dérive très préoccupante"

"Les dépenses ralentissent : elles augmentent en euros courants de 2,5%, après +4,0% en 2024", a poursuivi l'institut statistique. Mais "leur croissance reste légèrement supérieure à celle du PIB en valeur en 2025 (+2,0%)", si bien qu'en volume, elles ont augmenté de 0,9%.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu y voit pourtant des "dépenses publiques maîtrisées", vantant sur X "une ligne simple - sérieux, stabilité, maîtrise". Il a cependant déploré, depuis le ministère de l'Economie, "une dérive très préoccupante" du nombre d'arrêts maladie en France.

La réduction du déficit que vise le gouvernement est jugée indispensable pour contenir la hausse de la dette publique du pays. Celle-ci atteint 3.460,5 milliards d'euros fin 2025, contre 3.484,1 milliards fin septembre.

Avec les perturbations sur les marchés financiers dues à la guerre au Moyen-Orient, la France a vu monter ces dernières semaines les taux d'intérêt sur ses emprunts obligataires.