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Des compagnies aériennes appellent l'UE à retarder l'obligation d'utiliser des carburants synthétiques

[Valery HACHE / AFP]

De 2% actuellement, le taux d'incorporation des carburants d'aviation synthétiques dans les avions doit monter à 6% en 2030, 20% en 2035 et 70% en 2050. La principale organisation européenne de compagnies aériennes a appelé jeudi l'Union européenne à repousser l'échéance de 2030.

La principale organisation européenne de compagnies aériennes a appelé jeudi l'Union européenne à repousser l'échéance de 2030 pour l'obligation d'utiliser des carburants d'aviation synthétiques, jugeant que ces produits ne seraient pas fabriqués en quantité suffisante.

En revanche, l'objectif général de 6% de carburants d'aviation d'origine non fossile (SAF, leur sigle en anglais) d'ici quatre ans "peut être maintenu, à condition que les prix du SAF baissent de façon significative", a indiqué Airlines for Europe (A4E) lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Un taux d'incorporation attendu de 6%

Conformément au règlement européen RefuelEU adopté en 2023, les compagnies aériennes doivent intégrer progressivement davantage de SAF dans les réservoirs de leurs appareils. De 2% actuellement, ce taux d'incorporation doit monter à 6% en 2030, 20% en 2035 et 70% en 2050.

En outre, à partir de 2030, 1,2% des carburants devront être de synthèse, c'est-à-dire élaborés à partir d'hydrogène "vert" et de CO2, et non plus sur la base de biomasse comme les SAF classiques. Ce taux doit monter lui aussi progressivement et atteindre 35% en 2050.

C'est à cette échéance que l'ensemble du secteur aérien s'est engagé à ne plus contribuer au réchauffement climatique. Il représente actuellement quelque 3% des émissions mondiales de CO2, mais les appareils émettent aussi d'autres gaz et des traînées de condensation.

"Une technologie en plein développement" 

La fabrication des carburants synthétiques, alias "eSAF", reste aujourd'hui expérimentale et très coûteuse. "Les eSAF demeurent une technologie en plein développement, et les sites de production qui ont déjà reçu des décisions d'investissement finaux ne devraient produire que 0,71% des volumes requis" par l'UE en 2030, a argumenté A4E.

L'association, qui rassemble les plus grands groupes aériens européens (Lufthansa, Ryanair, Air-France-KLM, IAG, easyJet...), a appelé à "repousser l'échance de 2030" pour les obligations d'eSAF, et ce "jusqu'à ce que les eSAF soient disponibles en quantité suffisante, à un prix accessible".